Découverte de l’A310 d’Inibuilds pour Flight Simulator

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Un avion “hardcore” gratuit et natif

C’est sans aucun doute l’une des meilleures surprises depuis longtemps sur MSFS, la SU11 est venue avec un Airbus A310. Certes, Asobo ajoute régulièrement des appareils à son simulateur au gré des mises à jour, mais cette fois ci il s’agit d’une petite révolution car c’est le premier avion de ligne réaliste jamais inclus nativement de l’histoire du simulateur de Microsoft.

Et pour se faire, il a été fait appel à l’éditeur Inibuilds. Ce nom n’est pas inconnu si vous êtes un pratiquant de X-Plane. En effet, l’A310 et son cousin l’A300-600 sont déjà opérationnels sur la plateforme de Laminar Research depuis quelques années. Nous retrouvons donc sous MSFS cet add-on jugé très favorablement par la communauté.

Voyons voir ce que donne cette adaptation si spectaculaire dans le hangar de Flight Simulator 2020. Pour le savoir, démarrer le simulateur et n’oubliez pas de télécharger depuis le Marketplace la “Ehanced Edition” pour profiter des graphismes. Lancer le vol puis vous voilà assis au commande d’un Airbus A310-300.

 

L’A310, un avion mal connu et pourtant en avance sur son temps

L’Airbus A310, biréacteur mis en service en 1983,n’est certainement pas l’avion de ligne le plus charismatique de l’histoire. Cette version raccourcie de l’A300 a pourtant cependant apporté beaucoup d’innovations techniques qui seront reprises sur les Airbus contemporains, notamment en matière d’avionique et de systèmes. Ses ailes retravaillées et ses winglets lui permettent d’allonger son autonomie à près de 8000 km, ce qui en a fait un véritable long courrier. Il est également l’un des pionniers dans sa catégorie des cockpits à deux pilotes, mais également de la certification ETOPS.

Avec simplement 255 exemplaires produits, il a eu peine à s’intercaler dans le segment des “petits gros porteurs” (entre 190 et 280 passagers selon les agencements) et a souffert de la concurrence du tandem Boeing 757/767. La paire A310/A300 sera vraiment délaissée par la clientèle avec l’émergence de l’A330. La production cessera définitivement en 1998. Il ne reste plus que 54 A310 en service de par le monde finissant leur carrière dans l’anonymat, principalement en version cargo ou militaire.

Nous ne pouvons que saluer cette initiative de mettre en avant un appareil sortant des sentiers battus en lieu et place des habituels add-ons de Boeing 737, 757, Airbus A320, etc… qui défilent sur Flight Simulator et Prepar3D depuis de nombreuses années tous éditeurs confondus. Vous trouverez certainement que découvrir un nouveau type d’appareil avec un poste de pilotage relativement inconnu ne peut que raviver la motivation pour le pilotage sur avion de ligne.

 

Les premières impressions sont les bonnes

Comme nous l’avions dit en introduction, il est indispensable d’acquérir les textures 4K (si la puissance de votre PC le permet) pour profiter de la meilleure résolution.

Une fois sur le tarmac, on se dit que cet avion a malgré tout quelque chose qui nous est familier. C’est normal puisque son fuselage est le même que l’A300 et a servi de base aux bi couloirs A330 et A340 (tradition depuis rompue par l’A350). Les formes et proportions sont très bien reproduites et il n’y a rien à signaler sur la modélisation. Les textures sont également très réussies avec un certain sens du détail, même s’il existe encore mieux sur le marché. Inibuilds n’omet pas d’inclure avec soin les fameuses winglets si typiques (que l’on retrouvera sur l’A320et l’A380). On regrettera toutefois de n’avoir que des animations au sol minimalistes se contentant de celles par défaut du simulateur.

On rentre à présent dans le cockpit. On découvre avec excitation un nouveau cockpit où l’on n’a pas encore tous ses repères, mais où l’on prend finalement ses marques assez vite. Le poste de pilotage de l’A310 est à la croisée de deux époques. On remarque beaucoup d’éléments familiers comme le design des boutons, la symbologie des gauges ou l’immanquable FMGS. Nous sommes bien dans un Airbus et c’est l’A310 qui a donné le la aux cockpits des générations suivantes du constructeur européen. Dans le même temps, les origines issues de l’A300 sont encore bien présentes: la forme de la planche de bord, le pilote automatique et surtout les gauges analogiques des moteurs. L’ensemble est très agréable à l’œil et se trouve tout à fait au niveau des meilleures productions. Notons que les textures 4K optionnelles concernent également l’intérieur et nous vous les conseillons d’autant plus vivement que sans elles, les textures sont nettement plus basiques voire floues. Nous accordons une mention spéciale à la modélisation des écrans cathodiques du MCDU et de l’ensemble ND/PFD/ECAM où l’on distingue bien l’arrondi des écrans comme sur nos vieilles télévisions d’antan. Petit bonus pour les geeks : la cabine est modélisée.

 

Un Airbus avec un manche !

Asobo et Microsoft présentent leur nouvel arrivant comme ‘Study level airliner” Ce terme souvent présenté comme le plus grand gage d’excellence en matière de réalisme des systèmes n’a en réalité pas de définition officielle et est généralement auto-proclamé par les éditeurs. Ceci dit, nous avons notablement affaire à des systèmes de haut vol vu le pédigrée de Inibuilds et son A310 sous X-Plane, il y a donc toutes les raisons de penser qu’il en sera de même sous Flight Simulator.

La première réflexion qui vient à l’esprit lorsque l’on découvre le cockpit, c’est la présence d’un antique manche à balai. Et oui, les Airbus n’ont pas toujours été équipés du célèbre side stick, ni de commandes de vol électriques. (c’est l’A320 qui sera le pionnier en la matière). L’A310 dispose de commandes vols classiques, c’est-à-dire entrainées par des câbles et assistées par 3 systèmes hydrauliques (bleu, vert, jaune, comme le veut la tradition chez Airbus).

L’autre aspect fascinant de ce poste pilotage est le mélange typique de ces années 1980 entre l’analogique et le digital. Si le PFD, le ND, l’ECAM et le FMS font rentrer l’A310 dans l’ère des ordinateurs, les aiguilles n’ont pas disparues pour autant. Ainsi, on retrouve des indications moteurs, un altimètre et un anémomètre à l’ancienne. Les informations sont parfois doublées entre les deux systèmes pour des questions de redondance car à cette époque l’électronique était encore en pleine phase de maturation. Le FMS vous semblera très connu: à quelques couleurs et options manquantes près, il est quasiment identique à celui de l’A320 (et donc des A330/A340). En revanche le pilote automatique aborde un schéma bien plus classique que ses successeurs avec un mode « profile » faisant office de VNAV et même un bien connu mode « LVL CH ».Inibuilds inclut un désormais indispensable EFB permettant de configurer le chargement, calculer les performances de décollage ou encore consulter les checklists. A l’inverse de FMS, il ne contient pas d’intégration à Simbrief ou à Navigraph mais étant encore en développement, d’autres fonctionnalités sont appelées à être intégrées.

Dans l’ensemble, l’immense majorité des systèmes est fonctionnelle et sans rentrer loin dans leur profondeur dans cet article, nous ne sommes pas dupés quant au réalisme qui nous avait été promis L’ECAM gauche affiche déjà un certain nombre de checklists d’urgence (memory items) ce qui peut potentiellement rendre possible la gestion des pannes. Cependant, Inibulds n’a pas inclus de gestionnaire de pannes, il faudra donc passer par le menu de MSFS pour en simuler. Le plafonnier contient naturellement les commandes de l’essentiel des systèmes et l’état de ceux-ci est représenté sur l’ECAM droite par des schémas synoptiques quasiment identiques à ceux des Airbus modernes, avec la logique des codes couleurs (rouge : warning, normal : vert, opérationnel : blanc).

 

 

Un avion sain et agréable à piloter

A mi-chemin entre moyen et gros porteur, le gabarit de l’A310 fait partie d’une catégorie d’avion de ligne en voie de disparition. Avec un poids maximal au décollage de 153 tonnes, son niveau d’inertie au pilotage est bien perceptible dans l’opus d’Inibuilds. Suffisamment maniable, mais avec assez d’inertie pour être stable, c’est assurément un avion agréable à piloter et qui ne pose pas de difficulté particulière.

N’ayant pas d’expérience sur l’avion réel, ni de documentation étoffée à disposition, il est difficile de juger de la précision du modèle de vol. Cependant, tout semble se comporter de manière rationnelle et cohérente, aussi bien au sol qu’en vol. La proximité des consommations de carburant obtenues par rapport aux plans de vols opérationnels (tels que ceux de Simbrief ou PFPX) est encourageante.

Pour rendre le vol opérationnellement plus réaliste, vous pouvez calculer les performances décollage avec le petit utilitaire inclus dans l’EFB et obtenir les vitesses adéquates (Vspeed) et la valeur de poussée réduite des moteurs (Flex temperature). Cependant, celui-ci nous semble un peu optimiste avec des poussées un peu faibles entrainant une rotation parfois dangereusement proche de la fin de la piste…

 

Et sur votre PC ?

Les premiers retours des utilisateurs en termes d’impact sur les performances étaient assez inquiétants : en plus de se montrer gourmand, l’A310 a provoqué de vertigineuses chutes de FPS inexpliquées que nous avons nous même constatées. Heureusement, depuis l’arrivée de la mise à jour beta SU11 (qui porte l’A310 à la v1.1.6), ceci semble être solutionné et nous obtenons désormais des performances tout à fait satisfaisantes. Par ailleurs, nous n’avons vécu aucun plantage en plus de 15 heures de vol.

 

Conclusion : un coup de maître

Inclure gratuitement un avion de ligne complexe concocté par un éditeur tierce aguerri, c’était le rêve de beaucoup de simeurs depuis des années. Microsoft a vu juste et a tapé dans le mille. Avec l’émergence des add-ons open source, que va-t-il rester aux éditeurs de contenus payants ?

Pour ce qui est de notre Airbus A310 en lui-même, nous approuvons sans réserve le choix de ce modèle singulier qui redonne un souffle à Flight Simulator. Techniquement, la copie est très propre et les mises à jour régulières vont certainement étoffer notre avion et corriger les petits défauts de jeunesse.

Pour cette audace et ce gigantesque bond en avant, nous attribuons à l’A310 et ses développeurs notre médaille d’excellence !

 

 

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