Le 767 Captain Sim II: Premières impressions

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Annoncé le 22 Avril après avoir publié quelques images suggestives les jours précédents, puis disponible le 28 Avril, Captain Sim a surpris tout le monde avec son 767 Captain II. D’abord par sa sortie soudaine, puis par son prix élevé (qui plus est en version beta) qui a provoqué une levée de bouclier dans la communauté.

Développer un 767 au goût du jour et donc en 64 bits était la suite logique pour l’éditeur afin de réitérer la bonne surprise que fût le 757 Captain III. La proximité des deux avions en matière de systèmes fournissant une bonne base de travail préalable pour modéliser le 767, il est légitime de se demander pourquoi Captain Sim exige près de 96 EUR pour acquérir le seul 767-300ER en moteur PW4060. De plus, les indications sur la page des ventes suggèrent que le prix sera appelé à augmenter, et qu’il faudra vraisemblablement repasser à la caisse pour acquérir la version cargo et d’autres variantes de moteurs.

Captain Sim est considéré comme un éditeur produisant de beaux appareils mais pas forcément à la pointe de la modélisation technique, d’où les critiques ambiantes de ces derniers jours. Après quelques jours d’essai et plusieurs vols, nous sommes en mesure de vous faire part de notre ressenti et de notre avis sur la question. Il ne s’agit pas d’un test complet tel que nous le publions habituellement, mais disons d’un article étendu afin de porter un premier jugement sur notre 767.

Pour rappel, le Boeing 767 est un biréacteur long courrier de capacité moyenne issu des années 80 et développé conjointement avec son petit frère 757, et qui fut un immense succès commercial. Sa production désormais arrêtée et remplacée par le 787 Dreamliner, il reste cependant très actif sur le globe, en particulier en version cargo.

Visuellement

Les premières impressions lorsque l’on découvre le 767 de l’extérieur sont évidemment très positives. Captain Sim est un spécialiste de la modélisation et des textures, et cela est encore prouvé avec le 767.

L’apport de la technique PBR permettra de réaliser des captures d’écrans ou des vidéos à couper le souffle. Cependant, comme avec le 757, la perfection n’est décidément pas de ce monde car nous avons relevé de petites imprécisions concernant certains détails comme des angles un peu trop saillants ou des éléments un peu flous comme sur des rivets par exemple. Nous sommes volontairement tatillons dans la critique car le rendu général est vraiment convaincant. A l’inverse, le mouvement du Wing Flex est présent et très impressionnant de réalisme en cas de turbulence.

Chez Captain Sim, les animations au sol sont traditionnellement très présentes. Portes, cales des roues, bâches des moteurs, ouverture de nez, déploiement des toboggans, bref la panoplie habituelle est incluse. Notons que le son du GPU est très présent dans le cockpit, même portes fermées. Reste à savoir si cela sera compatible et fonctionnel avec des logiciels comme GSX par exemple…

Pour finir, Captain Sim fait toujours de la résistance en modélisant la cabine passager. Selon les goûts de chacun, cela peut avoir un intérêt.

Le cockpit et les systèmes

A s’y méprendre, on se croirait dans le cockpit du 757, et c’est tout à fait normal car ils sont extrêmement proches, pour ne pas dire identiques. Les quelques différences propres au 767 semble à première vue bien respectées. Ce cockpit est entièrement cliquable, y compris le panneau arrière qui est un vestige de l’ancien poste du mécanicien navigant. En effet, le 767 est l’un des premiers avions de ligne à deux pilotes. 

Le cockpit est splendide et est tout à fait aux standards actuels, voire un peu au dessus.

Voici un bref aperçu de ce que nous avons constaté :

  • FMC: Identique au 757 et sans bugs majeurs. Nous avons pu effectuer des approches en LNAV/VNAV sans encombre, preuve que le calcul est cohérent. Il n’y a pas de fonction connectée permettant de charger les vents ou obtenir une météo, mais rappelons que même dans le monde réel, tous les avions de ligne n’en sont pas équipés ! Il n’est pas certain que le Top of Descent soit recalculé en fonction de la vitesse sol. La page de configuration du chargement n’affichait pas correctement le nombre de passagers entrés, mais ce problème a été depuis corrigé dans la v0.94. Seul regret, les options ENG OUT et LRC ne sont pas actives.
  • Pilote automatique : La bonne dizaine d’heures de test que nous avons réalisée s’est faite majoritairement en pilote automatique, et nous n’avons rien remarqué d’anormal au niveau du comportement. La gestion de la poussée est aussi satisfaisante. Comme mentionné plus haut, le mariage avec le FMC est impeccable. Les seuls défauts sont les warnings sur l’EICAS au sol signalant que le pilote automatique et auto-manette sont desenclenchés

  • Instrumentation : Le seul détail agaçant est l’affichage saccadé des paramètres moteurs qui ne sont pas aussi fluides qu’ils le devraient. En dehors de cela, RAS. Le niveau de personnalisation des instruments et des options n’est pas très exhaustif, mais l’essentiel est là.
  • Systèmes : Nous ne sommes à ce stade pas en mesure d’évaluer la profondeur de fonctionnement systèmes et leurs effets, mais cela semble cohérent lors d’un vol normal. Notons que la v0.94 améliore le système hydraulique et les séquences de déploiement des spoilers.

  • Pannes : La philosophie du 767 Captain II n’est pas d’être un logiciel « study level ». Cependant, toutes les commandes d’urgences sont simulées (feu moteur, fuel jettison, etc..) et l’EICAS affiche de nombreux messages sur l’état des systèmes en respectant la logique de ceux-ci (jaune : caution – rouge : warning). Sans avoir vérifié l’exactitude de tout cela, il y a une base intéressante pour gérer des pannes sur un 767. Nous regrettons cependant que la documentation pourtant très fournie ne reprenne pas les check-lists d’urgence.

En vol

Comme pour les systèmes, nous n’avons pas pu nous lancer dans des analyses méticuleuses pour comparer les performances de l’avion avec les tables du constructeur. Nous nous sommes contentés de juger par nos impressions et de jauger avec des ordres de grandeur.

Aussi bien au sol ou en vol, ce 767 semble disposer d’un modèle de vol satisfaisant. Que ce soit pour le décollage, montées, croisières, descentes ou atterrissages, rien ne nous a surpris ou dérouté. Les vitesses de sortie des volets calculées par le FMS semblent réalistes, comme tous les autres paramètres dans leur ensemble (consommation, altitude optimale, etc…).

En matière de pilotage pur, on ressent une certaine inertie par rapport au 757 du fait de son poids nettement plus élevé. L’impression générale est une grande stabilité qui est aussi la caractéristique du 767 réel.

Alors on achète ?

Près de 100 EUR pour un logiciel encore en version beta, est ce que cela est raisonnable en l’état actuel ? Pour nous la réponse est clairement oui, pour ces raisons :

  • C’est le seul 767 complexe du marché pour Prepar3D v4, avion très agréable du point de vue pilote.
  • C’est un avion très bien réalisé sur le plan visuel.
  • Les systèmes sont assez évolués.
  • Le modèle de vol semble au point.

Sans appartenir à la crème de la crème, ce 767 vaut largement le coup et il n’y aura pas de grande déception. Alors qu’il ne s’agit que d’une version beta, les bugs constatés sont mineurs et peu nombreux. Nous sommes quasiment au niveau d’une version définitive.  

Concernant le contre, ce n’est pas tant le prix de base qui nous choque car il est dans les proportions des productions équivalentes, mais davantage la politique de gamme. Dépenser des dizaines d’euros supplémentaires pour les moteurs GE ou une version cargo nous semble en effet un peu trop audacieux de la part de Captain Sim…

A vous de faire votre choix.

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