Haute-Normandie VFR

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Introduction

Au début de cette année 2012, nous avions eu le privilège de tester en avant-première la nouvelle technologie issue des recherches de France VFR : 3D Automation. Ce module permet en effet d’exploiter l’ensemble des ressources IGN (coordonnées satellites, élévation, type et forme de bâtiment ou de végétation…) afin de proposer un rendu à la fois précis et détaillé tout en offrant une abondance de repères visuels à une échelle réaliste. Annoncée à l’époque, la scène Haute Normandie VFR est la première à bénéficier de cette technologie, il est temps pour nous de la mettre à l’épreuve.

Achat et installation

On peut acquérir la scène, déclinée en version FS9 (34,90 euros) ou FSX (39,90 euros), directement depuis le site de France VFR. La procédure est très simple, sur la page du produit, un clic sur le bouton « acheter ». On remplit les différentes informations demandées, puis, via un système sécurisé, on paye le produit par carte bancaire. Il est un peu regrettable de ne pouvoir passer par un système Paypal, ce dernier ayant fait ses preuves. Une fois l’achat réglé, un mail nous parvient intégrant le numéro de série de notre licence ainsi que les différentes archives à télécharger et installer. L’ensemble pesant environ 5 gigas (version FSX, la version FS9 compressée présente 800 Mo), le serveur est optimisé afin de répondre aux demandes des logiciels d’aide au téléchargement (pause durant le téléchargement, fractionnement des archives…). Ne reste qu’à lancer les exécutables, qui demanderont le numéro de série indiqué dans le mail, l’installation est automatisée pour chaque archive et est assez rapide, malgré les 10 gigas (version FSX, la version FS9, une fois installée, approche les 2 gigas) non compressés qui viennent remplir le disque dur. Quand c’est terminé, il n’y a plus qu’à lancer son simulateur. L’archive contient également une documentation étoffée où l’on retrouve les informations concernant les aéroports de la région ainsi que de nombreux conseils d’utilisation.

A noter que ceux ayant préalablement acquit la scène Haute Normandie PHOTO HD en version téléchargement ont reçu par mail un lien spécifique afin d’accéder à la mise à jour moyennant 24,90 euros. Ceux qui ont la version DVD doivent écrire au support pour signaler leur désir d’updater leur version. Dans ces deux cas, l’installation de cette mise à jour installe la version complète, il faut penser à désinstaller la scène PHOTO HD.

Au fil de la scène…


Afin de rester cohérent avec le précédent aperçu que nous avions eu lors de notre test de la technologie 3D Automation, nous exploiterons le même ordinateur pour tester Haute Normandie VFR, à savoir un Core2Duo cadencé à 3Ghz, pourvu de 4 Gigas de ram et d’une carte Nvidia GTX 560 Ti (1 giga). Mais si les précédents tests, basés sur des lieux précis et spécifiques avaient pu se dérouler en paramétrant l’ensemble des options graphiques au maximum, la taille de la scène et la densité des objets nous conduiront inévitablement à revoir ces paramètres un peu en deçà. Comprenez par là que nous avons délibérément baissé la valeur de densité de l’autogen, passant du paramètre « extrêmement dense » à « dense ». En revanche, avec un ordinateur récent, il est normalement possible de conserver des paramètres extrêmes tout en conservant une fluidité optimale, c’est un des très gros avantages de cette nouvelle technologie qui est à l’œuvre ici. La scène sur FSX est basée avant tout sur un tapis photo réaliste (une saison : l’été) précis de 0,85 mètre à un mètre, posé sur un mesh précis à 4.75m (pour FS9, la texture est précise à 4,75 mètres pour un mesh de 19 mètres, limitations obligent). Par ailleurs, la scène se pare également de nombreux autres objets rappelant le produit Repères et Obstacles VFR du même éditeur. De fait, malgré l’obsolescence de la configuration et la réduction volontaire de ces paramètres, deux constats s’imposent. D’une part la fluidité est au rendez-vous. Quelle que soit la taille de la structure de départ (un aéroport régional ou local…), quel que soit l’appareil exploité pour voler autour de cette scène (par défaut ou beaucoup plus complexe en terme de systèmes à simuler et de polygones à représenter), la machine de test affichait pas moins de 18 fps minimum au sol pour s’envoler (c’est le cas de le dire) au-delà des 30 fps une fois en l’air. D’autre part, ceci est également vrai lorsque l’on se rapproche des zones les plus denses comme Rouen ou Le Havre. N’oubliez jamais qu’avec 3D Automation, sur des zones affichant une grande densité, ce ne sont pas quelques centaines, ni quelques milliers d’objets que le rendu va générer mais bien des centaines de milliers. Oui, c’est juste vertigineux ! Et malgré cette profusion d’éléments affichés, pas de ralentissement, pas d’erreur mémoire, pas d’artefact désobligeant. Cela laisse songeur quant aux réelles capacités de Flight Simulator qui, aidé de technologies efficaces, est capable de produire des décors d’un réalisme étonnant, que ce soit en suivant le cours de la Seine, le long des falaises ou sur les plateaux aux innombrables cultures.

 

 

J’irai voir ma (Haute) Normandie…

L’auteur de ces lignes assume cette transition tirée par les cheveux. Car il y en a des choses à voir ! Comme pour toute scène basée sur le photoréalisme, ce n’est pas à 10 mètres du sol que l’on va profiter de l’ensemble Haute Normandie Regional VFR, mais nul besoin non plus d’une altitude astronomique. A partir de 2500 pieds, la précision apparait. Cette texture été a subi certaines modifications de coloration afin de proposer un sol cohérent, sans brusque changement entre les dalles. En dézoomant un peu la vue (shift +0), on obtient alors une vision lisse de la région, très proche de ce que l’on pourrait admirer en vol. Les villes et villages, les forêts, les routes, voies ferrées et navigables se font d’autant plus précises que 3D Automation vient y ajouter sa part de réalisme. Si vous n’aviez pas lu notre précédent test concernant cette technologie développée par France VFR (ce n’est pas bien, mais vous pourrez vous rattraper…), apprenez que c’est un outil d’aide au placement automatique des objets basé sur les données IGN. Non seulement la position géographique exacte, mais également la hauteur, la forme, le type (par exemple, concernant la végétation, l’essence de tel ou tel arbre) ou la texture à appliquer suivant la région. Plus légère que l’autogen de base, bien qu’elle en conserve certaines données, des centaines de milliers d’objets sont ainsi placés avec une précision jamais atteinte. Sur la texture photo, un bâtiment trouvera sa place, orienté parfaitement suivant la réalité, aura le nombre exact de faces à exposer, sera d’une hauteur cohérente. Il en va de même pour les arbres par exemple, qui ne sembleront plus faire 100 mètres de haut ni être tous du même modèle. Et cette première scène officielle est la garantie que le système fonctionne. Que l’on survole une ville, une forêt ou un cours d’eau, il est très plaisant de voir naturellement des cyprès, des platanes ou quelques conifères longer les abords. Ce sont d’ailleurs de nombreuses essences différentes d’arbres ou buissons, de toutes les tailles, mais toujours affichés à une échelle réaliste, qui parsèment la scène. Les villes affichent une précision rigoureuse, pas un bâtiment désorienté par rapport à la texture au sol ou débordant sur celle-ci, les hauteurs sont tout à fait cohérentes et réalistes, les textures adaptées à la région. Il en va de même pour les hameaux ou villages, lieux-dits, monuments, aéroports (une dizaine de plates formes sont représentées dans une version semi détaillée) ou zones industrielles. Le ressenti en vol ne souffre aucun défaut : l’effet est saisissant de réalisme, et ceux qui connaissent bien la région reconnaitront immédiatement les villes comme Rouen, Le Havre, Dieppe ou encore Le Tréport. La base photo était déjà très précise, mais avec 3D Automation l’effet est démultiplié. La précision de l’affichage est telle qu’il est parfois difficile de se souvenir que l’ensemble est virtuel. Cela est également vrai pour certains repères comme les ponts, les lignes électriques, les centrales nucléaires, les champs, les grues des ports, les églises et cathédrales, les haies qui délimitent les terrains cultivables, les éoliennes, antennes…

 


La scène couvre la région entière de Deauville à la Baie de Somme le long du littoral, du Havre à Vernon en longeant la Seine. Si la majorité de la scène repose sur le plateau normand et n’offre pas réellement de relief particulier, les falaises en revanche plongent abruptement dans la Manche, laissant de temps à autre l’espace nécessaire aux différentes stations balnéaires d’allonger des plages de galets ou de sable. Le traitement des zones aquatiques profitent également du savoir faire de l’éditeur tant au niveau de la coloration (relative à la profondeur) que de la transparence ou du détourage. Un travail net et surtout très précis.

 

 

Trou Normand…

A force de circuler autour d’une région que l’auteur du test a eu le privilège de visiter à de nombreuses occasions, au sol comme en vol, il y a bien quelques détails qui ont fini par dénoter. Le principal reproche que je pourrais faire, s’il m’était donné de critiquer cet ensemble, ce serait le traitement des falaises. Mais avant de refaire le débarquement, prenons du recul et de la hauteur… Car c’est à bien des kilomètres au dessus de nos têtes que ce résultat s’est joué. La texture photo est basée sur des prises de vues depuis un satellite. Une falaise normande peut être recouverte d’herbe sur son sommet avant d’offrir sa verticalité calcaire aux vents de la Manche. Nous avons donc un angle de vue qui n’existera jamais sur une photo aérienne. Le résultat ? Des zones herbeuses viennent parfois dépasser le bord abrupt pour recouvrir la partie la plus élevée de ce relief si particulier. La fonction principale de ces prises de vues étant d’offrir une cartographie sur un plan 2D, la transformation 3D et le placage des textures n’a pas dû être chose aisée, les prises de vues n’y étant pas destinées à la base. Sans compter les limitations techniques qu’impose la série Flight Simulator. Le découpage de la côte travaillé très précisément dans la scène n’arrange rien à l’affaire, d’autant que la différence est nette entre les textures de falaise et celles toutes proches des champs ou villes qui longent le littoral. De même, la région particulière d’Etretat et de ses arches tombant dans la mer aurait peut être mérité un raffinement supérieur. Mais même dans ces conditions, impossible d’en vouloir à France VFR : l’adaptation de la photo à la texture n’est pas forcément évident (et puis au final, malgré cette petite partie haute un peu verte, le reste de la falaise et des plages à sa base sont superbement rendus) entre les limitations de l’IGN et celles du simulateur, mais en plus, dans le principe de la scène ouverte aux développements futurs, certains développeurs indépendant ont déjà corrigé le problème, offrant gracieusement par exemple une version d’Etretat compatible et très précise. Un autre point, bien souvent martelé contre l’éditeur déjà à l’époque de la précédente gamme de produits, reste le choix de n’offrir qu’une seule et unique saison (été) pour les scènes. Soyons réalistes : l’image et la vidéo sont les deux principaux dévoreurs de place sur les disques de durs depuis toujours. La scène, telle qu’elle est commercialisée avec ce taux de précision pèse 10 gigas une fois installée. Si l’on vient ajouter une texture nocturne ainsi que les trois autres saisons, cela représenterait environ 50 gigas, pour une seule région… A ce niveau d’occupation, représenter l’ensemble de la France dépasserait largement les 5 teras… A bon entendeur…

 

 

Conclusion

L’ensemble texture photo associée à la technologie 3D Automation est simplement détonnant. Ceux qui tentent une comparaison entre une scène régionale de ce type par rapport à des scènes d’autres éditeurs, beaucoup plus restreintes dans l’espace mais formatées à l’ultra détail en local, sont dans l’erreur. Nous sommes ici à un autre niveau où c’est toute une région qui se détaille sous nos yeux. Une toute autre échelle que France VFR manie avec talent et qui force le respect tellement l’ensemble est cohérent, réaliste, immersif. On ne se baladera pas à pied le long de Haute Normandie VFR. Car ce n’est absolument pas sa fonction. Cette scène est prévue pour le VFR (bien qu’arriver en IFR sur un tel terrain apporte également beaucoup…), pour profiter d’un vol autour de décors aussi vrais que nature ou urbanisme. Aux alentours des 5000 pieds, le décor prend tellement le pas que l’on est tenté de cocher la case « carburant illimité » dans les paramètres de réalisme afin encore une fois de passer au-dessus de telle ville pour admirer ses infrastructures, son étendue, sa densité. Ou bien pour vérifier que tel bâtiment, tel pylône, tel groupe d’arbres est à sa place exacte. Si le test de 3D Automation était une merveilleuse mise en bouche, il faut bien avouer que la scène entière, c’est le gâteau, la cerise et la pâtissière dans un même paquet. Avec cette technologie, n’ayons pas peur des mots : Flight Simulator est déjà passé dans une nouvelle ère. Et ce n’est qu’un début…

 

Prix et Achat  : 5/5
Installation / Téléchargement : 5/5
Documentation et Support Technique  : 4/5
Fluidité  : 5/5
Visuel & Sons (graphisme, ambiance)  : 4/5
Textures saisonnières  : 2/5

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