E-Jets Series

Wilco Publishing / Feelthere

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Introduction

Depuis quelques temps, l’association de Wilco et Feelthere a débouché sur la conception de nombreux add-ons pour Flight Simulator 2004 et X, comme par exemple la série des Airbus ou Boeing classique. Réalistes sans être pour autant hardcores, ces avions ont laissé une bonne impression aux simmers, sans toutefois être exempts de reproches. Avec le lancement de la série Ejets simulant différents modèles provenant du constructeur brésilien Embraer, Wilco et Feelthere nous propose d’essayer des avions modernes qui changent des habituels Airbus et Boeing dont nos hangars virtuels sont remplis. Notre équipe se mobilise donc pour tester ce produit.

Le constructeur Embraer

Embraer est un constructeur brésilien spécialisé dans les avions de moyenne capacité pour le transport régional ou VIP. Derrière Boeing et Airbus, il est le 3e plus grand constructeur d’avions civils au monde. Ses avions volent partout sur le globe. Après des turbosprop, Embraer a conçu la série des ERJ, déjà modélisée par Feelthere avec l’ERJ 145, puis les modèles 170/190, qui nous intéressent ici. Ces modèles sont destinés aux compagnies régionales recherchant des avions de 70 (modèle 170) à 110 places (modèle 190).

Ces 2 versions sont quasiment identiques. Equipés de 2 réacteurs GE, ils peuvent atteindre la vitesse maximale de Mach 0.82 sur plus de 3500 km. Utilisant des commandes de vols électriques, ils sont conçus dans la logique « Airbus » : si tous les panneaux sont éteints, cela signifie que tout est OK. Avions modernes, FMS, commandes Fly by Wire, etc : le programme est alléchant. Voyons comment Wilco et Feelthere ont réalisé cette modélisation complexe.
La version testée ici est celle pour Flight Simulator 2004, équivalente à celle sous Flight Simulator X équipée du service pack 3 et des Airacs de Navigraph. Des repaints supplémentaires (pack Airline Pack optionnel de McPhat) ont aussi été installés.

Installation

L’achat puis l’installation se passent sans souci. Une fois l’installation faite, on dispose des modèles 170, 190 et Lineage, la version VIP. Un configurateur est fourni permettant d’affecter des touches spécifiques, de choisir les unités de mesure, de répartir les charges de l’avion ainsi que de modifier des options d’affichages. Complet, il permet de modifier les paramètres importants de l’avion.

Présentée sous la forme de la mise en œuvre d’un vol typique, la documentation est très (trop) légère : à peine une vingtaine de pages, permettant certes de découvrir l’avion mais beaucoup trop léger pour contenter le simmer averti. Certaines fonctionnalités, pourtant modélisées par Feelthere comme le mode Preview du pilote automatique, sont même totalement passées sous silence. Le débutant complet ne sera pas non plus aidé, une bonne connaissance des principes de base de fonctionnement d’un liner (hydraulique, APU, FMS, etc) étant requis pour suivre la documentation et la comprendre. Dommage car cet avion représente un bon moyen de s’initier aux moyens courriers. Une table de performance et une explication de la signification des messages EICAS (Crew Alerting System) sont aussi proposées. Le simmer trouvera cependant des informations utiles sur les forums de Feelthere.

Modèles visuels

Très bien modélisé par Feelthere, le modèle externe est très précis : toutes les surfaces sont mobiles, le train est très précisément reproduit et les 2 pilotes sont présents. Sans être la meilleure réalisation à ce jour, la représentation de l’avion est excellente. Si les textures par défaut sont déjà tout à fait correctes, l’ajout du pack optionnel permet de bénéficier de plusieurs dizaines de livrées d’une très grande qualité. Un sans faute pour l’extérieur donc.

La modélisation intérieure est aussi de très haut niveau. Si le cockpit 2D est déjà très beau et très fin, c’est le cockpit virtuel qui retient l’attention. D’une qualité exceptionnelle, entièrement en relief et fonctionnel, il est remarquable de lisibilité et de précision rarement vue en simulation. Cerise sur le gâteau, l’impact sur le frame rate est limité.

La cabine est aussi correctement modélisée, notamment dans la version VIP, avec écrans télés et autres raffinements haut de gamme.
Si dans la réalité, il y a peu de différences entre les versions 170 et 190 (le 190 est une version rallongée du 170), il n’y en a quasiment plus dans la modélisation de Feelthere.

Modélisation des systèmes

Wilco annonce une modélisation complète de tous les systèmes, qu’en est-il ? Tous les systèmes nécessaires à l’exploitation de l’avion sont effectivement présents : hydraulique, électricité, APU, FADEC, … ont un comportement réaliste. Sur les EMB 170 et 190, cela signifie laisser les interrupteurs sur la position Auto. Simple et efficace. Le panneau de commande adopte le style Airbus : si c’est éteint, c’est que tout va bien !

Un FADEC prend en charge le démarrage des moteurs et la surveillance des paramètres durant le vol. Il simplifie grandement la tâche aux pilotes, notamment lorsqu’il est couplé à l’auto-manette.
Ces avions disposent de commandes de vol électrique. Attention, elles sont nettement simplifiées par rapport à un airbus : ici, pas de protection de l’enveloppe de vol. Plus basiques, elles ont permis à Embraer de simplifier la construction de l’avion. Les quelques protections qui existent tout de même sont correctement modélisées par Feelthere.

Dans un avion moderne, le gros morceau est bien sûr le FMS. Développé par Honeywell, celui du EMB 170 est très complet. Il permet de gérer la totalité du vol, du décollage à l’atterrissage en réglant tous les paramètres. Si vous connaissez ceux de boeing ou airbus, il va falloir apprendre une logique différente. Ce FMS (Flight Managment System) dispose de très nombreuses pages avec beaucoup d’informations. La documentation étant très légère, il est difficile de l’exploiter à 100%. Si certaines informations ne sont pas rentrées durant l’initialisation, certains modes comme VNAV ne pourront pas être engagés. Il faut donc bien prendre son temps durant les premiers vols. Le simmer qui souhaite en savoir plus se reportera à des manuels disponibles sur Internet.

Par défaut, une petite base SID/STAR est fournie et on aura intérêt à acheter une base complète chez Navigrah. A partir de là, le FMS est capable de piloter l’avion dans les 3 dimensions, y compris pour les départs RNAV et les approches RNAV RNP ou GPS. Un plan de vol peut être chargé depuis FS ou bien écrit directement dans le FMS. Attention à correctement initialiser la position de départ et à bien finir le plan de vol par l’aéroport de destination. Le boitier commande COM/NAV est intégré dans le FMS.

Le pilote automatique dispose de nombreux modes, certains étant pilotés par le FMS. Les différents modes s’enchainent durant le vol et il faut une bonne connaissance de l’avion pour comprendre quelle est la fonction de chaque mode. Cependant, si vous êtes habitués des MCP boeing, vous retrouverez rapidement vos réflexes.

Le tableau de bord est clair avec un PFD, et un MFD (les modes de réversion sont simulés). Si le PFD est très classique (mais réaliste), le MFD est beaucoup plus intéressant. Il permet de visualiser la route, il peut aussi afficher un profil vertical, les informations TCAS (un TCAS de niveau II offrant des fonctionnalités de résolution de conflit est proposé) et dispose d’un radar météo. Les pages de systèmes (fuel, elec, hydraulique, etc…) sont aussi disponibles. Le framerate ne souffre pas trop de cette débauche d’effets. Feelthere fait une utilisation intelligente de la molette de la souris, utilisée notamment pour choisir le range de la carte affichée.

Ce qui différencie notamment les modélisations hardcore de celles plus grand public est la simulation des pannes. Ici, on voit tout de suite que nous ne sommes pas dans le domaine de la simulation pour puriste. Aucun module n’est dédié à la gestion des pannes et on devra se rabattre sur celui de FS. Tout ce qui a trait aux pannes (par exemple les extincteurs des moteurs) ne sont pas actifs. Aucun moyen de simuler en détail des pannes et d’appliquer les procédures correspondantes (d’ailleurs non fournies). Un manque certain de la part de Wilco/Feelthere.

Premier vol

Après avoir décrit les systèmes, il est temps de voir comment l’avion se comporte en vol. Depuis un cockpit cold & dark, la procédure est simple dans cet avion très automatisé : batteries sur ON, APU démarré, programmation du FMS puis démarrage des moteurs. On remarque déjà que les sons sont très bien réalisés, ce qui nous met immédiatement dans l’ambiance.

Au décollage, le roulage est plutôt long et consomme une grande quantité de piste. Ceci est conforme à la réalité, l’aile de l’avion étant optimisée pour la vitesse en altitude et une consommation réduite de carburant et non pour les décollages courts. Auto-manette et directeur de vol enclenché, on suit les commandes générées par l’ordinateur de vol. Une bonne connaissance du PA et du FMS est nécessaire pour suivre l’enchainement des différents modes latéraux et verticaux. Le mode VNAV est capable de suivre des contraintes d’altitude, que ce soit à la montée ou à la descente.

Le comportement de l’avion est sain avec ce qu’il faut d’inertie à un avion de cette taille. Le vol de croisière est agréable. Les commandes de vol électrique n’assure pas la protection de l’avion, comme dans la réalité, puisqu’il est facile de décrocher, voire de passer une boucle ou un tonneau ! Le contrôle à l’atterrissage est bon et il dispose aussi d’un mode autoland, malheureusement un peu brutal. Le freinage est efficace et permet de se poser relativement court (pour un avion de ce type).

Testé sur des approches « acrobatiques » comme Innsbruck ou London City, l’avion suit correctement les plans verticaux et horizontaux, les corrections nécessaires étant faites assez rapidement sans que l’avion soit dans une situation inconfortable (passage franchement en-dessous du plan par exemple). A noter tout de même des petits bugs au niveau du suivi des approches RNAV, que l’on espère rapidement corrigé.

Conclusion

Si c’est avec une légère appréhension que nous avons testé cet avion, celle-ci s’est rapidement dissipée : Wilco et Feelthere signe là un chef d’œuvre, probablement leur avion le plus abouti. A la fois intéressant pour le simmer averti qui profitera d’un cockpit haut de gamme et d’une modélisation réaliste des systèmes et le débutant qui pourra se faire la main sur un avion largement automatisé, l’éditeur réussi à contenter une large gamme de clients potentiels. Cela fait aussi plaisir de découvrir un liner autre que ceux de Boeing et Airbus. Faisant l’objet d’un bon suivi de la part de feelthere (le service pack 4 vient de sortir à l’écriture de ce test), il ne vous reste plus qu’à découvrir ce très bel avion qui est un vrai chef d’œuvre ! Une alternative passionnante aux classiques Boeing et Airbus !

Références

E-Jets Series – 39.95 EUR – FS9/FSX

Plus d’informations

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