Evasion dans les Alpes Françaises

Scènes d'altiports FS9 & FSX - LLH Créations

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Présentation

Dans le monde de la simulation, chacun a ses préférences : certains amoureux des gros liners enchaînent les longs courriers desservant les aéroports internationaux, d’autres se penchent plus sur des petits avions, pour du vol à vue ou même un peu d’IFR. Bref, il y en a pour tous les goûts. Mais qui n’a jamais essayé de changer un peu ses habitudes, afin de trouver du nouveau, de l’originalité, de mettre un peu de piment lors des vols ? Bien que le monde de la simulation ne soit pas évident à exploiter en VFR dû au besoin d’un environment extrêmement détaillé pour représenter ce que l’on voit lorsque l’on est à bord d’un avion, on peut cependant avoir un compromis avec une scène de petite taille, mais très détaillée. C’est ainsi ce que nous propose l’éditeur LLH Créations qui nous emmène au coeur des Alpes Française pour jouer au touriste et découvrir les magnifiques paysages de montagne, et plus particulièrement ses altiports. Peu d’éditeurs du monde de la simulation se sont lancés dans ce genre de scène, car les altiports concernent une partie bien spécifique des pilotes virtuels ou réels, mais pour ceux qui apprécient ces réalisations, c’est un challenge inépuisable et un plaisir continu. LLH Créations, spécialisé dans la réalisation de ces altiports, n’en est pas à sa première scène. On y trouve ainsi des lieux connus comme Alberville, Challes-les-eaux, Megeve, Courchevel, Meribel, et l’Altiport d’Henri Giraud « Alpe d’Huez ». Certaines scène réalisées par LLH Créations sont proposées gratuitement pour FSX. Les autres scènes payantes sont disponibles pour FS2004 ou pour FSX.

L’originalité de ces scènes consiste en leur localisation, pour la plupart, entre plusieurs massifs montagneux, dans des lieux parfois inattendus, ou difficilement repérables pour la première fois. La difficulté vient lors de l’approche, bien plus technique qu’à un simple aéroport urbain, où vous devrez gérer votre approche spécifique de montagne, effectuer les bons gestes, et prendre les bonnes décisions : lors de l’arrivée sur le seuil de piste, il est quasiment trop tard pour changer d’avis et remettre les gaz, il faut se poser à tout prix ! D’où l’importance extrème d’évaluer son approche à l’avance, et de ne pas hésiter à se représenter correctement sur l’axe de la piste si le début d’approche n’est pas réussi. Après de multiples décollages, approches et attérissages réussis, il est encore possible d’augmenter la difficulté et de mettre une météo défavorable : bon courage !

Pour la réalisation de ce dossier, nous effectuerons un vol au départ de Meribel jusqu’à l’Altiport d’Henri Giraud à bord d’un Cessna 206 avec une machine équipée de Flight Simulator 2004, puis nous enchainerons avec une interview exclusive du créateur des scènes LLH.

Achat & Installation

Pour acheter une scène LLH, la procédure est relativement basique : rendez-vous sur le site de l’éditeur en français ou anglais, puis, après avoir visionné les différentes réalisations disponibles dans la page « Produits », il suffit de cliquer sur la page « Boutique », sélectionner la scène que l’on veut acheter ainsi que le simulateur possédé (FS9 ou FSX). On est par la suite redirigé sur une page Paypal pour le paiement en ligne 100% sécurisé. Une fois la transaction effectuée, il suffit de cliquer sur « Retour LLH » pour ainsi obtenir la version téléchargement de la scène acquise. A l’heure actuelle, il n’y a pas de version boîte disponible, mais notons que le téléchargement d’une scène LLH n’est pas très lourd, et qu’il s’effectue ainsi rapidement.

L’installation se présente sous forme de fichier exécutable, il suffit de cliquer et se laisser guider par les instructions d’installations. Pour certaines scènes, l’installation vous propose d’installer un patch pour certaines scènes de France VFR précédemment installée, ou même d’autres scènes LLH, pour obtenir une compatibilité et une cohésion correctes entre les différentes scènes.

Documentation

Après avoir effectué correctement l’installation d’une scène LLH, il suffit de se rendre dans le menu démarrer, sélectionner LLH, puis cliquer sur « documentation LLH ». Cette documentation se présente sous forme de fichier PDF, également disponible manuellement dans les dossiers de Flight Simulator en cas de mauvaise manipulation du menu démarrer. Manuel disponible en français et en anglais, de nombreuses informations utiles sont regroupées, comme les paramètres conseillés pour optimiser la scène, des explications détaillées sur les caractéristiques originales de la scène comme la piste en pente, les situations au démarrage, la procédure à suivre concernant la compatibilité avec certaines scènes de France VFR (nous reviendrons sur ce sujet plus tard), ou l’emplacement des cartes SIA des altiports. Il est donc important de prendre connaissance de ce manuel avant de s’élancer dans Flight Simulator (même si certains sont pressés de découvrir les nouveaux paysages !)

Vol au coeur des Alpes

Après avoir sélectionné Méribel dans l’aéroport de départ sur l’interface de Flight Simulator, il nous est possible d’apparaitre sur la piste, ou au parking, dans l’herbe près des hangars. C’est la seconde option que nous choisirons. Il est environ 10h en ce matin d’été sur Méribel. Cette commune située au coeur des Alpes du nord françaises dans le parc national de la Vanoise est non seulement un village connu, mais est également, durant l’hiver, une des stations de ski des plus vastes en Savoie, voisine de celle de Courchevel. Pour ce vol, nous avons choisi de le réaliser en été pour admirer les textures éstivales, mais LLH propose pour ses scènes des textures pour les quatre saisons, avec des pistes recouvertes de neige ! Nous reviendrons plus en détails sur la saison d’hiver prochainement.

Nous arrivons à bord de notre cessna, puis nous entamons la visite prévol. Il n’y a pas beaucoup de places de parkings, juste un petit coin d’herbe pour stationner quelques petits avions. L’immersion est franchement réussie, autour de nous se dressent de multiples objets 3D : Vastes immeubles en bois, les trois hangars de l’altiport, des véhicules statiques au parking, un filet délimitant la zone du terrain, barrières routières, antennes…Sur notre gauche, de l’autre côté de l’altiport, se trouve un télésiège, malheureusement statique, ainsi que deux terrains de tennis. La texture sol n’est pas d’une qualité exceptionnelle, et l’avancée en béton devant les hangars n’est pas très nette, mais elle a cependant été travaillée à partir de photographies, et suffit largement pour reproduire le paysage de montagne. Check-liste et mise en route terminés, nous roulons par la suite jusqu’à la piste. Il n’y a qu’une trentaine de mètres entre notre parking et le seuil de piste équipé d’une raquette pour se retourner en cas de besoin. Au sol, on peut lire distinctement, au milieu de la piste, « MERIBEL », avec le logo aux couleurs du ciel et de la neige. La première réaction, lors de l’alignement sur la piste en pente, est de se dire que l’on va décoller sur une piste aussi courte ! LLH a bien reproduit la piste en pente qui s’aplanit au bout. Certes, la transition entre le plat et la pente est un peu brutale, mais n’enlève rien à l’envie de réussir un décollage sur ce terrain original ! Au bout de la piste, c’est le vide ! De là où nous sommes, à l’autre bout de la piste, nous ne voyons pas ce qui se trouve au delà la plate forme.

C’est parti pour l’aventure, mise en puissance puis lâcher des freins. L’avion accélère, nous avons déjà atteint la partie en pente de la piste, et la fin arrive très rapidement. Nous décollons heureusement quelques mètres avant la fin de la piste, et nous voilà « lâchés » à travers les montagnes ! Un rapide coup d’oeil derrière l’avion, on contemple la scène qui, au niveau de l’altiport et de ses très légers alentours, est vraiment très précise, et dense en objets 3D. Au delà de la plate forme, se trouve une route (celle qui amène à l’altiport), puis les textures sol détaillées disparaissent pour laisser place à des textures de moins bonne qualité, et il faudra prendre de l’altitude pour les apprécier. Derrière l’altiport, un des points forts de cet addon, est la représentation de nombreuses remontées mécaniques (télésièges & télécabines) où certaines, les plus importantes, sont dynamiques ! On peut donc s’amuser à contempler les arrivées et départ de ces remontées, qui s’étendent sur tout le massif. Les montagnes sont vraiment jolies, on distingue sans difficulté les routes, les forêts ou les zones rocheuses. Leurs formes ont été retravaillées en finesse, afin d’être plus fidèles à la réalité.

Rappelons-le, nous décrivons le paysage en été. Mais, encore un point fort de cette scène, LLH Créations a fait le gros effort de traiter la scène pour les quatre saisons. Ainsi, au printemps, le paysage sera bien verdoyant. En hiver, bien qu’il n’y ait quasiment que les textures de changées, c’est un autre monde ! Tout est en blanc, les arbres, les montagnes, les toits des chalets, avec une épaisseur de neige non négligeable. Non loin de l’altiport, se situe le village de Méribel. Pas très grand, ni très détaillé, on n’aperçoit pas les rues du village, et les bâtiments n’ont pas une position très détaillée, mais nous ne sommes pas censé survoler le village à 20 mètres ! Ainsi, lorsque l’on est en altitude, ou même en approche de l’altiport, cela n’est pas choquant.
Dans la direction où nous allons, la scène s’arrête 2 ou 3 minutes après avoir décollé, car la partie qui s’étend le plus est dans la direction de Courchevel.

Après une quinzaine de minutes, nous franchissons une dernière montagne aux sommets enneigés, puis nous aperçevons soudainement notre destination : l’Alpe d’Huez, où se situe l’altiport Henri Giraud. Le premier mot que l’on peut dire, est « wouah ! »
Le lieu et le paysage sont vraiment uniques, autant dans la réalité que dans la simulation. Situé à plus de 1800 mètres dans le massif des Grandes Rousses, l’Alpe d’Huez est une station de ski connue, et voisine au village d’Huez. A quelques centaines de mètres du village et à la même hauteur, se trouve l’altiport Henri Giraud, construit lors des Jeux Olympiques d’hiver en 1968. Le concept de cette scène sur Flight Simulator est similaire à celui de Méribel : aux vastes alentours s’étend quelques montagnes au mesh retravaillé, puis à proximité du village, des textures travaillées à partir de photographie, et enfin, dans l’enceinte de l’altiport, une texture sol d’une bien meilleure qualité. En suivant avec précision la procédure d’approche, nous admirons les remontées mécaniques qui s’étendent jusqu’au sommet élevé du massif.

En finale, sur notre gauche, se dresse le village, qui, en lui même n’est pas très étendu, mais dense en bâtiments 3D. Vastes immeubles et petits chalets cohabitent, comme dans la réalité. On retrouve à certains endroits des mêmes textures de bâtiments qui se répètent, mais les formes des objets sont variées. En approche de la piste, on observe sur la gauche un parking avec quelques véhicules, et de nombreux cours de tennis. En face de nous, la piste, et au delà, la montagne ! Nous avons poursuivi l’approche, et nous arrivons bientôt au seuil de piste. Elle parait très courte, mais à la fois très large. En pente ascendante, cela rassure un peu pour la distance de freinage. Quelques mètres avant le terrain, se dressent perpendiculairement un tunnel et un télésiège statiques. A gauche de la piste, un terrain de golf ! Le moment de vérité approche, nous passons le seuil de piste ! Un léger arrondi pour plaquer l’avion au sol, les roues prennent contact à environ un tiers de la piste. Pieds sur les pédales des freins, grâce à la pente, l’avion freine correctement.

Sur la gauche, se trouve la petite tour de contrôle en bois et en pierre signée Henri Giraud avec ses nombreuses antennes. Nous dégageons par la gauche (il n’y a guère le choix) et nous sommes agréablement surpris par plusieurs points : tout d’abord par la qualité de la texture au sol, autant pour l’herbe que pour l’aire de parking, qui est cette fois ci, bien tracée et plus nette que Méribel. Le second point est la texture des hangars et autres objets 3D sur la plate forme, là encore, d’une qualité supérieure. Tout est présent : véhicules, avions statiques, arbres, châlets barrière, bornes d’incendie, restaurants (chaises & tables en terrasse), bancs, même la poubelle est en 3D ! Sur le toit d’un hangar, on peut distinctement apercevoir de la rouille sur la taule ondulée. On s’approche doucement de l’aire de stationnement, et l’on imobilise l’avion. Extinction du moteur, check list terminée, nous sortons de l’avion, et observons plusieurs petits chalets en bois, l’un étant l’aéroclub du Dauphiné, l’autre est plus petit, mais nous distinguons sur la pancarte en rouge : « U.L.M – Baptême de l’air ». Le dernier bâtiment sur la gauche est le bar restaurant, où l’on va s’empresser d’alller, après un bon vol, la récompense !

Rencontre avec le créateur

Bonjour Eric, et merci d’avoir accepté l’interview. Vous êtes développeur des scènes de LLH Créations pour Flight Simulator. Pourriez vous en quelques phrases nous faire une brève présentation de LLH Créations ?

Je suis photographe professionnel, et je travaille en numérique depuis 1995. C’est en pratiquant l’aéromodélisme que j’ai découvert l’aéroport de Challes-les-Eaux (un des plus beaux centres de vol à voile en France). J’ai naturellement beaucoup photographié l’aéroport et ses environs et lorsque j’ai commencé la simulation de vol, j’ai tout de suite eu envie de rendre cet endroit plus réaliste sous FS98, puis FS2000, et ainsi de suite.
Le marasme dans lequel est tombée la photographie professionnelle, avec l’avènement du numérique au début des années 2000 (un nivellement par le bas, qualitativement parlant) m’a poussé comme tant d’autres à trouver une activité complémentaire.
Voilà comment je suis maintenant devenu à plein temps développeur de décors pour simulateurs.

Comment et pourquoi l’idée de faire des scènes d’Altiports vous est elle venue ?

Pendant plusieurs années, j’ai fait des photos pour l’office de tourisme de Megève.
J’avais donc une très bonne base de photographies de la région, et bien sûr de l’altiport.
Après Challes-les-Eaux et Albertville, l’idée est venue naturellement.

En quoi consiste la difficulté de créer des scènes de montagne ?

D’abord le cas particulier des pistes en pente. C’était un challenge dans la mesure où Flight Simulator ne gère pas ce type de pistes.
En étudiant les SDK, cela s’est malgré tout avéré possible en travaillant sur des modèles 3d sous Gmax.
La seconde grosse difficulté vient du relief, et de l’adaptation particulière de chaque objet à la trame du terrain, elle-même étant fonction du mesh de base. Et le tout doit être compatible avec un certain nombre d’autres « addons » incontournables, vous vous doutez desquels il s’agit.

Combien de temps vous prend la réalisation d’une scène de A à Z ?

Entre trois et quatre mois à plein temps, sans compter les reportages photographiques.

Pensez-vous apporter des éventuelles améliorations et innovations pour de futures scènes ?

Autant que possible, bien sûr. Le travail effectué sur l’Alpe d’Huez m’a permis d’expérimenter de nouvelles méthodes de modélisation pour aller encore plus loin dans la richesse des détails et le réalisme.
Il y a encore beaucoup à faire dans ce sens, surtout sous FSX.

Vous développez toutes vos scènes pour FS2004 et FSX; De nombreux éditeurs ne développent plus que des scènes pour FSX. Pensez-vous réaliser d’autres scènes pour FS2004 ?

J’avais décidé de ne plus travailler sur FS2004. On atteint très vite les limites de ce que peut gérer le simulateur, et lorsque la scène s’enrichit, on a de nombreux bugs d’affichage. Et résoudre ces conflits prend beaucoup trop de temps.
Ce sont les très nombreuses personnes utilisant encore cette version et qui m’en ont fait la demande qui m’on fait revenir sur ma décision.
Toutes les prochaines scènes LLH seront déclinées pour FS2004 et FSX.

Comptez vous développer vos scènes, ou futures scènes pour X-Plane ?

Absolument, l’arrêt du développement de Flight Simulator impose une réflexion sur l’avenir, et X-plane en fait bien entendu partie.

Un grand merci à vous pour cet interview, nous espérons vous retrouver très prochainement pour de nouvelles scènes !

Conclusion

Pour les pilotes virtuels désirant changer d’air et découvrir les joies du vol de montagne, LLH Créations propose ainsi des scènes d’altiport variées regroupant ambiance de montagne et sensations ! A la fois originales, et défiant plus d’un pilote virtuel ou réel, ces destinations sont principalement destinées aux petits avions de tourisme, ou aux hélicoptères (Henri Giraud en particulier), où vous observerez une scène de taille assez restreinte, mais très dense en objets 3D. Les pilotes ayant acheté et apprécié la scène de Lukla d’Aerosoft vont pouvoir continuer leurs lancées à travers les montagnes avec les scènes de LLH Créations au coeur des Alpes Françaises sur Flight Simulator 2004 ou X.

Rédaction et mise en page : Valentin SVETCHINE « Svaly »

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