777-200LR/F

PMDG - version 1.00.5376

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Présentation

Quel passionné de simulation n’a-t-il pas entendu parler du 777 de PMDG ? Non pas depuis sa sortie récente, mais depuis des mois, voire des années, en spéculant à longueur de discussion sur les forums à propos de sa date de sortie. Les modérateurs ont eu fort à faire tant les débats étaient parfois houleux. Aura-t-il ceci ? Sera-t-il équipé de cela ? Pourra-t-on faire telle ou telle chose avec ? Combien coûtera-t-il ? Sera-t-il compatible avec Prepar3D ? Autant de questions qui étaient restées sans réponses précises jusqu’ à ce que celui-ci voit le jour. Le 777 de PMDG est au simulateur ce que l’IPhone est aux téléphones, la star tant désirée, le produit phare, le messie. Jamais la venue d’un nouvel add on n’avait autant fait de battage médiatique dans la presse et les sites spécialisés. Sa sortie a ressemblé à l’ouverture du rideau d’un magasin de vêtement le premier jour des soldes…
La raison ? Il y en a plusieurs. Tout d’abord il s’agit de la modélisation du Boeing 777, le maître incontesté des ventes de long courrier dans le monde. Cet avion est en lui-même un avion déjà mythique malgré sa venue récente. Deuxièmement, c’est PMDG qui s’est collé à la tâche. Le lui aussi mythique éditeur est le seul au monde à avoir le tampon officiel de Boeing. Ses précédentes réalisations laissent présager le meilleur, la crème de la crème, diront les anglais… Troisièmement, il n’y avait pas encore de 777 « hardcore » pour FSX (l’excellent 777 des défunts éditeurs Phœnix Simulation Software s’était arrêté à FS2004) car celui de Captain Sim n’a pas vraiment fait l’unanimité parmi les simeurs…

« Le 777 de PMDG est au simulateur ce que l’IPhone est aux téléphones, la star tant désirée, le produit phare, le messie »

 

/Maintenant intéressons-nous à celui qui est l’objet des débats du jour.
Le 777 est le plus gros biréacteur de tous les temps et fut mis en service chez United Airlines en 1995. Il devait s’intercaler entre le 767 plus petit et l’énorme 747. Il a été le premier avion entièrement conçu par ordinateur. C’est l’archétype de l’avion de ligne moderne : commandes de vols électriques, poste de pilotage « glass cockpit », silence de fonctionnement. La fiabilité accrue des moteurs a permis l’assouplissement des normes ETOPS « Extended Twin Engine Operation » régulant l’éloignement maximal des bimoteurs de l’aéroport le plus proche à 180 minutes. Boeing avait un temps envisagé de concevoir un triréacteur mais abandonna ce projet vu que ce n’était plus nécessaire pour du long courrier. Deux réacteurs au lieu de trois ou quatre, cela signifie de formidables économies à tous les niveaux de d’exploitation : consommation, maintenance, etc… Cependant, il s’agissait d’un sacré défi technique. Un projet de 767 amélioré n’avait pas convaincu les clients de Boeing qui décida de concevoir un appareil entièrement nouveau : le 777.

 

La version de base, le 777-200, a précédé le 777-200ER l’année suivante aux performances et à l’autonomie augmentée. La version rallongée a suivi l’année d’après, il s’agit du 777-300.

En 2003, Boeing présenta le 777-300ER, plus puissant et plus lourd au point de devenir l’imperceptible remplaçant du 747 dans les flottes du monde entier. En 2005, le 777-200LR fit son entrée en service ; ce dernier dispose de la plus grande autonomie jamais vue sur un avion de ligne. Il battit le record du monde de vol sans escale le 10 novembre 2005 (il relia Londres à Hong Kong par l’ouest en 22 heures et 44 minutes…). Ce dernier a aussi été décliné en version cargo, le 777LRF. Ces évolutions incluent de nouvelles ailes, plus grandes et équipées des Wing Tips si caractéristiques.

Son exceptionnelle fiabilité (aucun crash mortel jusqu’en 2013 à San Francisco), sa flexibilité, et son économie à l’usage en ont fait un succès commercial et le long courrier favori des compagnies aériennes au point de se débarrasser de ses concurrents, tuant le MD11 quasiment dans l’œuf et poussant l’A340 à une retraite anticipée… Il a aujourd’hui allègrement dépassé la barre des 1000 exemplaires vendus, ce qui est considérable pour un avion long-courrier.

PMDG a choisi de simuler la version la plus récente, le 777-200LR, en déclinaison passagers et cargo. Une extension 777-300ER sera commercialisée ultérieurement. Nous allons donc pouvoir tester la puissance gigantesque des moteurs GE90, les plus gros jamais construits…
Boeing 777-200LR/LRF* 

Achat et installation :

Vous devez créer un compte sur le site de PMDG. Après le paiement, vous recevrez par e-mail le lien de téléchargement avec une clé.
L’installation est plutôt rapide et votre jouet prêt à l’emploi immédiatement…

PMDG n’a inclus par défaut que les livrées Boeing « roll out », aussi bien pour la version LR que LRF. De nombreuses compagnies sont disponibles via l’Operation Center. Ce software est une nouveauté, nous y reviendrons plus tard. Une très riche documentation est aussi fournie.

Extérieur

En dépit de sa réputation de spécialiste des systèmes, PMDG soigne tout particulièrement l’apparence extérieure de son appareil. Nous sommes parmi les meilleures réalisations du marché. Les graphismes sont excellents et les textures très soignées. L’éditeur a aussi le souci du détail avec la présence de la salissure sur les ailes, que nous avons tous remarquée quand nous prenons l’avion en tant que passager.

 

L’impression ne s’arrête pas à de belles textures. Les différentes cinématiques des parties mobiles sont reproduites à la perfection. Ainsi, vous verrez les légendaires trains d’atterrissages à six roues du train principal sortir et se rétracter de la manière la plus fidèle qu’il soit. Rien n’a été bâclé, telle que la séquence d’ouverture et de fermeture de la porte cargo de la version LRF qui est aussi lente que dans la réalité.

« PMDG soigne tout particulièrement l’apparence extérieure de son appareil »

Via le menu du FMC, vous pouvez connecter l’APU ou le groupe à air, le tout étant visible sur le tarmac. Même les cales des roues n’ont pas été oubliées, ce qui vous permettra de relâcher les freins de parking, manœuvre courante en opération réelle. Il est cependant dommage de devoir se passer de l’escalier ou du chargeur de palette (version cargo), éléments pourtant simulés sur le 747-400F de la même maison il y a plusieurs années…

Nous nous consolerons avec le mouvement des ailes (wing flex) parfaitement reproduit au gré des conditions de vol et qui sont un délice pour les yeux.

Intérieur  2D/3D

Amateur de cockpit 2D, passez votre chemin. PMDG a enterré cette conception de la simulation pour de bon. Certes, celui-ci n’a plus trop la côte, mais il garde ses adeptes (des résistants diront certains…) et ce type de vue a un intérêt pédagogique certain pour avoir une bonne visibilité des systèmes.

Il faut donc directement s’immerger dans le cockpit 3D. Je dis bien cockpit car la cabine est aux abonnés absents. La première impression est très positive. Cela se confirme lorsque que l’on y regarde de plus prêt. C’est du très beau travail. Les textures du tableau de bord sont magnifiques et les gauges des écrans EFIS (disponibles en pop-up 2D par un simple clic) d’une clarté exemplaire.

Les reflets du soleil et les ombres sont visibles dans le cockpit, encore une dose de réalisme supplémentaire qui contribue à l’immersion du vol. Les différentes possibilités d’éclairage n’ont pas été omises et il est possible de réguler l’intensité de la lumière, à l’exception des liseuses (map light) qui ont un interrupteur actif mais ceux-ci restent sans effet. C’est vraiment chercher la petite bête, mais à ce niveau de perfection, c’est tout ce que nous avons trouvé à reprocher à ce somptueux cockpit.

Modèle de vol

Lorsque que l’on a un add on hardcore entre les mains, on s’attend à ce que son comportement en vol soit réaliste et ses performances les plus fidèles possibles à la réalité. Il faut dire que les éditeurs ont fait d’impressionnants progrès pour nous donner une idée précise de ce qu’est la maîtrise d’un avion de ligne. PMDG fait partie de ceux-ci. Avec un tel historique de réalisation, ce 777 s’annonce très bien dans ce domaine. Comme nous avons à disposition une documentation complète, rien de mieux que de faire parler les chiffres. Ainsi j’ai pris quelques valeurs dans les tables de performances du manuel de vol (FCOM) et je les ai comparées à celles obtenues avec le PMDG en vol. Voici quelques exemples.

Pour simplifier la chose et ne pas se perdre dans des extrapolations, toutes ces mesures ont été réalisées en conditions standard (ISA).

Au vu de ces mesures prises au cours de mes vols de test, on peut en conclure que le modèle de vol est très crédible, même si il y a de petits écarts. Ce n’est pas parfait mais il est difficile de faire mieux compte tenu des limites de FSX. J’ai pu sans souci monter au-dessus de l’altitude maximale, mais à part cela, rien n’est vraiment à reprocher à ce 777. Obtenir des performances aussi proches de la réalité n’a pu être le fruit que d’un énorme travail de programmation et la barre a été placée très haute.

En ce qui concerne le vol sur un seul moteur, PMDG n’a pas omis de simuler le système nommé Thrust Asymmetry Compensation, qui permet d’ajuster la dérive automatiquement pour contrer les effets de la puissance dissymétrique, et donc de voler droit en toutes circonstances. Celui-ci peut être déconnecté et la différence est saisissante lorsqu’il n’est plus actif.

Pour le reste, Cela reste un avion très agréable et très facile à piloter. Les commandes sont douces et l’ensemble est stable, comme le dise souvent les vrais pilotes de 777… Les commandes vols électroniques (Fly By Wire) dont la logique a été reproduite contribuent grandement à ce confort de vol.

Systèmes /avionique

Ce chapitre est généralement le point crucial d’un add on hardcore. Nous avons ici un PMDG entre les mains, donc à priori tout devrait bien se passer. Inutile de faire durer le suspense plus longtemps, le contrat est réussi.

Tous les interrupteurs sont cliquables, à l’exception des circuits breakers (ce qui a pourtant déjà été fait par la concurrence dans le passé). Si vous voulez vous initier et vous plonger dans le pilotage d’un 777 jusqu’au moindre détail ou presque, vous n’allez pas être déçu. On se rend compte à quel point le cockpit d’un 777 est simple et ergonomique tout en étant une vraie mine de technologie. L’automatisation de nombre de systèmes y est bien entendu pour quelque chose. Tous les systèmes  « réglementaires » sont 100% simulés et réalistes, mais intéressons-nous aux petits extras que PMDG nous a concocté.

 

Impossible de passer à côté du système des checklists électroniques, celui-ci est affichable sur les écrans de l’EICAS et simule aussi bien les checklists normales que non-normales. Il interagit avec l’état des systèmes. En cas de pannes, la checklist d’urgence adéquate s’affiche automatiquement afin de traiter le problème au plus vite. Les menus concernant la communication par satellite avec la compagnie ou l’ATC sont affichables mais non opérationnels, mais cela n’aurait aucun intérêt dans le cadre de FSX.

L’EGPWS (Ground Ehanced Proximity Warning System) est intégré au Nav Display et il est aussi réaliste que sur le 737NGX. Par contre, PMDG ne veut toujours pas entendre parler d’un radar météo à bord de ses avions. D’après eux, FSX ne permet pas d’obtenir un fonctionnement réaliste et des données cohérentes.

La surprise vient d’un système qui pourrait s’apparenter à un gadget pour la simulation, mais il existe bel et bien sur le vrai 777. Il s’agit du System Pilot Warning. Installez-vous confortablement dans votre fauteuil sans toucher à rien. Bercé par le son des GE90 et des bruits aérodynamiques, vous commencer à vous assoupir au cours de votre longue phase de croisière… jusqu’à ce que vous soyez réveillé en sursaut par une alarme stridente. Au bout d’une vingtaine de minutes sans la moindre action sur les systèmes, Boeing vous rappelle que vous êtes aux commandes d’un avion de ligne et non pas dans le fauteuil de votre salon… L’endormissement des pilotes au cours des longs vols est un problème qui est ici résolu de la plus classique des manières.

 

Nous retrouvons un autre dispositif moderne de sécurité intéressant, il s’agit d’une voie synthétique indiquant le numéro et la longueur de la piste sur laquelle on s’aligne, aussi bien au décollage qu’à l’atterrissage (par exemple : « Runway 25 Right, 3600 meters remaining », ou « Caution ! Short Runway »). Ceci est la parade contre un phénomène qui a causé plusieurs catastrophes ces dernières années.

Au-delà de la présence des systèmes en eux même, c’est la profondeur de la modélisation de ceux-ci qui impressionne. Nous sommes ici dans la pure tradition PMDG, ce qui est gage d’excellence.

Sons

Rien de particulier à dire de ce côté-ci. L’ambiance est agréable et prenante. Il faut noter que la perception du bruit en fonction de la vue choisie est particulièrement bien simulée. Ainsi, la sonorité selon que vous vous trouviez dans le cockpit ou à côté de l’aile est différente et le résultat est très réaliste.
Du démarrage des gigantesques GE90 à l’extinction de ceux-ci, les sons semblent très fidèles à la réalité.
En revanche, pas de copilote audible, ni d’hôtesse qui vous apporte le café (ou plus si affinités)….

Documentation

PMDG a encore frappé un très grand coup. C’est aussi l’avantage d’être l’éditeur officiel de Boeing… Le Manuel de Vol (Flight Crew Operating Manual) en deux parties est directement issu de la documentation de l’avion réel et comporte quelques milliers de pages, comprenant les données de toutes les versions du 777. De quoi s’occuper en somme… Et si vous n’en avez pas assez, vous avez à disposition un Flight Crew Training Manual pour vous parfaire à la maîtrise de l’avion, ainsi que l’inévitable QRH (Quick Reference Handbook). Un Tutorial est aussi inclus afin de faire vos premiers pas en condition opérationnel avec votre 777.

« Voilà qui est digne d’un add on harcore ! Bravo ! »

FPS (frame per second) et configuration

Les PMDG ont la réputation d’être lourds à porter pour nos machines. Hélas, cela se confirme avec le 777, même si cela reste raisonnable et à peu près du même niveau que le 737. Mieux vaut avoir un solide équipement pour pouvoir profiter pleinement de cet avion, sinon les vols dans les zones denses en décor ou en trafic comme les grands aéroports risquent de devenir laborieux…
Un cockpit 2D aurait pu être une solution pour les configurations modestes, mais comme il n’y en a pas….

J’ai connu quelques plantages pendant mes vols, mais il se pourrait que cela soit dû à Windows 8.1. Un problème qui semble avoir été corrigé depuis.

Extra

Encore une innovation nommée PMDG Operations Center. De ce logiciel externe, vous pouvez vérifier les mises à jour, télécharger de nouvelles livrées, consulter les manuels, régler les paramètres de l’avion, etc. Regrouper tous les réglages en un seul et même module est une excellente idée qui simplifie bien les choses.

Les paramétrages et préférences systèmes peuvent aussi se faire via le FMC par un menu adapté. Nous sommes convaincus car ceci évite d’ouvrir une nouvelle fenêtre pendant le vol. On peut y ajuster la quantité de carburant, la charge utile, ouvrir et armer les portes, connecter les équipements au sol (GPU, etc).

Notons la présence d’une option appelée Auto Cruise. Il s’agit d’un accélérateur de temps car le 777-200LR étant un avion très long courrier, nous sommes souvent tentés de raccourcir la durée de la simulation. L’option proposée par FSX par défaut étant instable et pouvant mener à des pertes de contrôles, PMDG a créé son propre système qui est bien plus performant. Il manquerait juste un planificateur de carburant pour que le tableau soit parfait.

References

PMDG 777-200LR/F Base Package – 89.99 USD – FSX

Plus d’informations

NOS NOTES ...
Achat, installation et prix
Systèmes
Modèle de vol
Graphismes 2D/3D
Documentation
Sons
Extra (utilitaire, etc)
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