H36 Dimona X

Aerosoft - version 1.0

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Préambule par Loïc / Amentiba

J’ai remarqué Thomas au fil de ses écrits sur un forum externe à Avionic Online. Au fil du temps, j’ai appris à apprécier son écriture au travers de ses récits passionné de vélivole. Son ton pausé, son choix des mots, ses sujets qui vous emmènent avec lui dans le tourbillon des pompes, là où seuls les planeurs tentent de reproduire le vol des grands rapaces, au fil du vent. J’ai compris nos différences dans cette passion qui pourtant nous unis autour du plaisir du vol.

Quand il s’est avéré que l’équipe d’Avionic Online souhaitait publier un test sur le Dimona X, j’ai naturellement proposé que Thomas puisse avoir la possibilité de s’en occuper, ce qu’il a aimablement accepté. Son expérience dans ce domaine et sa pratique de l’appareil associées à sa plume aboutissent au test qui suit. A vous, fidèles lecteurs d’Avionic Online, ou vous qui êtes juste de passage, de découvrir et d’apprécier ce test sans moteur (ou presque) et sans filet.

« H36 Dimona X – le compromis du ciel ! »

Le H36 Dimona est un moto-planeur plastique (fibre de verre) qui a fait son premier vol au début des années 80. Il est produit par un avionneur connu dans le monde de l’aviation légère : Hoffmann Flugzeugbau, devenu aujourd’hui Diamond Aircraft Industries, et qui est à l’origine des DA20, DA40 et autres DA42. Le DA20 est d’ailleurs directement inspiré de l’évolution du Dimona, le HK-36 Super Dimona (en particulier le HK36TC-100 Super Dimona).
L’envergure du Dimona est de 16 mètres, et il est donné pour une finesse de 27 (à 1000 mètres d’altitude, il peut parcourir 27 kilomètres en atmosphère standard). Ce n’est donc pas vraiment ce qu’on peut appeler une machine de performance… (Les planeurs plastiques sont au-delà des 30 de finesse minimum, jusqu’à 70 pour les meilleures finesses). Il peut être équipé de 3 moteurs différents : un Limbach L2000 EB1C de 80hp, un Rotax 912A de 80hp ou un Limbach L2400 EB de 87hp.

 

On dit souvent qu’un moto-planeur est un mauvais compromis : un mauvais avion et un mauvais planeur. Le Dimona ne fait pas exception. Pour vraiment faire du vol à voile, il n’est pas adapté, pas plus qu’il ne l’est pour joindre efficacement un point A à un point B… En revanche, lorsqu’ il s’agit de se balader, juste pour le plaisir de voler, et de pouvoir le faire en silence, le Dimona excelle ! Selon moi, ces machines ont deux rôles majeurs : permettre une partie de l’instruction campagne pour les pilotes planeurs (travailler les « vaches », les espaces aériens, la navigation, sans être dépendant des conditions aérologiques), et pouvoir « s’envoyer en l’air » quand les conditions ne sont pas bonnes en vol à voile pur, comme on le ferait avec un Cub.

Aerosoft a de nombreuses casquettes : c’est un site de vente pour de nombreux développeurs, et pas seulement pour la simulation de vol. C’est aussi un développeur d’add-on, principalement de scènes d’aéroport, mais aussi d’un certain nombre d’appareils. Le Dimona d’Aerosoft est équipé d’un moteur Limbach L2000 EB1C de 80hp à 3300tr/min, sachant que l’hélice à vitesse constante Mühlbauer MTV-1-A de 1,6 mètre de diamètre est limitée à 2900RPM. Il faudra oublier le « torque roll » … Il est décliné en trois versions distinctes, qui ne sont pas seulement trois livrées différentes, mais possèdent un équipement différent : l’une est minimaliste, avec juste le nécessaire pour le VFR, la seconde est équipée pour le VFR en zone contrôlée (transpondeur et radionav, même si ce dernier point n’est pas nécessaire) et enfin une version équipée d’un ordinateur C4 destiné au vol à voile. Ce type d’équipement n’est vraiment pas nécessaire sur ce type de machine, même si c’est amusant. Cependant cette version reste la seule réellement exploitable en vol à voile pour une raison que l’on verra plus tard.

 

« Lorsqu’il s’agit de se balader pour le seul plaisir de voler, le Dimona excelle ! »

Achat et installation

Je passerai assez rapidement sur cette partie sans histoire. Le téléchargement de l’archive d’environ 180Mo ne pose pas de soucis particulier, tout comme l’installation et l’activation via le mail et le code d’enregistrement fourni lors de l’achat (à l’heure ou ces lignes sont écrites, le DimonaX est vendu 24,95€ sur le site d’Aerosoft). Le logiciel d’installation vous propose d’installer l’Add-on Manager d’Aerosoft. C’est à vous de décider, sachant que le Dimona ne le nécessite par pour l’activation. Une fois installé vous trouverez l’ensemble des documents dans l’onglet Aerosoft du menu démarrer de Windows.

Modèle 3D et textures.

Que dire du modèle 3D… Ce n’est pas forcément ce que je regarde en premier sur un add-on. Je ne suis pas vraiment maquettiste dans l’âme, et préfère de loin le pilotage. Cependant je ne vois pas grand-chose à redire au modèle d’Aerosoft. Tout est là ! Malgré la simplicité apparente du Dimona, les formes des appareils plastiques sont compliquées à rendre : aucun angle droit, tout en courbe, et peu d’aspérités pour « impressionner »… Pourtant en regardant de plus près, le rendu de la mécanique des aérofreins, la forme des chaussettes de train, du bouchon de réservoir, des gouvernes, est juste parfaite !

 

On constatera que les ailerons sont légèrement relevés même en position neutre. Ce n’est pas un bug. Le Dimona utilise ce léger calage négatif afin d’améliorer l’efficacité des ailerons à basse vitesse et de réduire les contraintes sur la voilure à plus haute vitesse. Vous pourrez au passage vérifier que ce calage augmente lors de la prise de facteur de charge.

 

A l’intérieur, le souci du détail est le même : la 3D est excellente partout, instruments switches, fusibles… La petite taille du Dimona (et peut-être l’optimisation) le rende malgré tout extrêmement léger pour le PC.

 

Concernant les textures, le domaine reste délicat quand il s’agit d’aborder des machines plastiques. Larges zones blanches et absence de jointures rendent la tâche compliquée. Pourtant là encore Aerosoft tire son épingle du jeu ! Notamment le scotch des gouvernes légèrement jauni au soleil ainsi que le scotch gris à l’emplanture ajoute la petite touche d’esthétique qui nous plonge dans les longues plumes en fibre de verre.

 

Même constat à l’intérieur, avec des textures vieillies juste ce qu’il faut. Le seul défaut à noter est une certaines irrégularité dans la netteté des textures intérieures. Les instruments sont vraiment très lisibles. La plupart des légendes d’interrupteur aussi. Par contre les inscriptions du régulateur de pas d’hélice et du transpondeur sont un poil floues… Cependant rien qui n’empêche une utilisation confortable.

 

« La 3D est excellente partout ! »

Les systèmes

On pourrait penser qu’il n’y pas grand-chose à dire sur les systèmes d’un appareil aussi simple. Détrompez-vous ! Tout appareil a ses systèmes et ses particularités, et quand le développeur se donne la peine de mettre le nez dedans, ça donne des choses très intéressantes ! On trouve par exemple des radios « mécaniques » tout à fait courantes dans ce type de machine en lieu et place des éternelles Bendix par défaut. Le starter n’est pas une tirette gadget, et joue bel et bien son rôle pour aider au démarrage par temps froid. Attention à ne pas l’oublier après démarrage, sinon le moteur fini par s’arrêter net ! Le transpondeur colle parfaitement à son homologue réel, avec son self test à l’allumage et le changement du code par pression / rotation. Les paramètres électriques et moteurs ne sont pas là pour faire jolis, ils dépendent de l’utilisation que vous faites de l’appareil et des conditions extérieures. Ajoutez à cela que les aiguilles sont sensibles au facteur de charge et aux vibrations de la cellule, et vous avez simplement l’impression d’être dans une vraie machine…

Pour finir avec le meilleur : 4 systèmes qui sortent le Dimona du lot : le GPS, le régulateur de pas d’hélice, le chargement des paramètres et le C4.
Le premier est une reproduction très fidèle du III Pilot que beaucoup de pilotes connaîtront. Ses fonctions vont bien au-delà du Garmin par défaut de FS, avec les fonctions MAP, HSI, CURSOR,etc.. Largement de quoi s’occuper en vol à voile ! La documentation est très complète quant à son utilisation. Il faut aussi noter que la position du GPS dans le cockpit change en fonction du modèle choisi. Sur le modèle VFR minimum, il est tout en bas de la colonne centrale, intégré au tableau de bord, tandis que sur les versions CVFR et C4, il est sur un support sur la verrière (sur lequel il peut être orienté pour le pilote ou le passager).

Le régulateur de pas sort quant à lui un peu de l’ordinaire. Il s’agit d’un bouton rotatif qui permet de sélectionner la vitesse de rotation de l’hélice, avec une plage de vitesse de 1900 à 2900RPM. Là encore le réalisme se retrouve partout dans les détails : une mise en puissance trop rapide vous fera momentanément dépasser les 2900RPM, et vous permettra d’apprécier le travail de régulation avant la stabilisation des tours minutes. Une LED verte permet de savoir que l’hélice a bien atteint le petit pas, avant de démarrer le moteur. Enfin, un commutateur 3 positions permet de choisir le mode de fonctionnement. La position OFF désactive simplement le régulateur, permettant ainsi d’atteindre les 3300RPM et donc de récupérer la totalité des 80hp du Limbach L2000. Cependant une utilisation de ce mode au-delà de quelques minutes pourra détruire le moteur. A noter aussi qu’on peut obtenir le même résultat en enlevant le fusible situé juste à droite du contrôleur… Réalisme, réalisme… Le mode Auto est le mode de fonctionnement normal, permettant de modifier la vitesse de rotation de l’hélice. Enfin le mode Segel passe l’hélice en drapeau afin de réduire la traînée une fois le moteur coupé.
Vous constaterez assez vite qu’il faut un certain temps, pour ne pas dire un temps certain (plus d’une minute en fait), pour basculer l’hélice du plein petit pas à la position drapeau et inversement. Il ne faut donc pas planifier une remise en route de dernière minute !

Le Dimona inclut un module de chargement des paramètres. En fait ce module a simplement pour but de recharger l’appareil exactement dans l’état où vous l’avez laissé la dernière fois. Ce chargement prend une dizaine de secondes une fois le Dimona chargé, temps durant lequel une feuille masque le tableau de bord. Ce module est extrêmement pratique par exemple pour retrouver systématiquement le moto-planeur en mode cold and dark. Petit bonus, même la position de la verrière est mémorisée.

 

Enfin, le C4 est un ordinateur destiné au vol à voile, permettant de calculer les plans d’arrivée, la finesse en temps réel et autre paramètres intéressant les vélivoles. Je ne m’étendrais pas trop sur ce système pour une raison simple : il est 100% conforme à l’original, et le manuel fournit par Aerosoft (qui est un fichier à part, en plus du manuel normal) n’est autre que celui du vrai système. Je reviens cependant sur une phrase écrite plus tôt dans ce test : la version équipée de ce computer est la seule vraiment utilisable pour le vol à voile. La raison est simple : le vario du C4 est le seul qui peut être compensé : autrement dit, il ne passe en positif que quand vous rentrez dans une ascendance. Si vous tirez simplement sur le manche, le vario reste négatif, indiquant que la machine ne gagne pas en énergie, elle ne fait que transformer l’énergie cinétique en énergie potentielle…
Autant dans la réalité on peut tenter de faire sans vario compensé, les fesses étant un excellent indicateur de l’entrée dans une ascendance, autant avec le manque de ressenti du virtuel, c’est simplement impossible de faire du vol à voile avec un vario standard…
Après ce gros chapitre sur les systèmes, je vais faire un petit aparté sur les sons.

« Le Dimona se pilote « aux fesses » ! »

Les sons

Ils sont un poil au-dessus du standard. Aerosoft a utilisé sa technologie Aerosoft Sound Control qui permet de gérer bien plus de sons que le moteur de FSX par défaut. Donc il y a un son spécifique pour chaque type de commutateur ou de commande. Plus intéressant, le bruit du vent relatif évolue avec la vitesse, ainsi qu’en fonction de l’ouverture de l’écope ou de l’aération présentes dans la verrière. Petit bémol, il ne sera pas possible de tenir la symétrie à l’oreille, le bruit du vent relatif ne change pas quand la bille est dans le coin…

Le comportement en vol

On arrive dans le domaine prépondérant sur ce genre de machine. Pas la peine de chercher des abaques de Vr, V1, V2, ou autre dans le manuel. Le Dimona se pilote aux fesses, pas aux paramètres. Il décolle quand il le veut bien et supporte assez mal les défauts de symétrie. C’est pour moi le point d’orgue de cet add-on ! Le comportement du Dimona est excellent ! Il glisse bien, le lacet inverse est nickel, les vibrations quand on approche les incidences limites sont bien là, il décroche bien, et part en vrille en cas de dissymétrie… bref, tout y est ! En fait, le Dimona est parfaitement pilotable aux fesses dans le simulateur, ce qui est le meilleur compliment que l’on puisse faire à un modèle de vol d’appareil léger sous FS…

Il fait partie de ces add-on un peu exceptionnels qui vous donnent réellement l’impression de piloter. Pas de ces « monorails » dont les paramètres peuvent être corrects, mais qui n’ont aucune vie, aucune âme, et pour lesquels il faut piloter la tête dans les instruments pour pallier l’absence de ressenti. Ici vous êtes dans une machine volante, qui bouge, qui vibre, et qui exprime sont mécontentement si vous la maltraitez. On est plus proche de l’œuvre d’art que du tableau Excel de paramètres… De toute façon cela n’aurait aucun sens sur ce type de machine : quelques moucherons écrasés sur le bord d’attaque, et vous perdez 2 points de finesse… Il serait ridicule de se focaliser sur les paramètres. A l’inverse, le DimonaX présente une enveloppe de vol cohérente, agréable, et donnant une excellente sensation de vol, même en dehors de son domaine de vol, ce qui est exceptionnel !

Références

H36 Dimona X – 25.37 EUR – FSX

Plus d’informations

NOS NOTES ...
Prix et installation
Documentation et Support Technique
Systèmes
Graphismes
Sons/Ambiance
Modèle de vol
Extra (paintkit, textures supplémentaires, logiciels additionnels…)
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