L-39 Albatros

Lotus Simulations

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Historique

C’est en février 1964 que le Ministère tchécoslovaque de la Défense émit un cahier des charges préliminaires visant à la réalisation d’un biplace d’entraînement à réaction destiné à succéder au L29 Delfin. Le travail de conception commença en 1966. L’idée de la conception était d’allier un turboréacteur efficace et puissant à un fuselage lisse et profilé, ayant comme conséquence un appareil économique qui deviendrait le prochain avion d’entrainement ur à réaction standard pour le pacte de Varsovie. Le prototype L-39 X-02 effectua son premier vol le 04 novembre 1968 sur le terrain de Vodochody. Si les essais en vol révélèrent immédiatement les excellentes qualités aérodynamiques du L-39, des problèmes apparurent au niveau de la motorisation et du dessin des prises d’air, qui durent être modifiées, entraînant un élargissement du maître-couple. Les trois prototypes suivants furent donc utilisés pour régler ces problèmes, deux autres servant à des essais au sol. Le septième prototype reçut les prises d’air définitives et servit à la mise au point du système de contrôle d’environnement et d’un APU utilisant une turbine française Saphir 5, ce qui rendait le L-39 totalement autonome au sol.

C’est finalement le turboréacteur AI-25TL, produit par Progress en Ukraine, qui fut retenu, moteur testé en 1971 sur les prototypes X-02 et X-07, tandis que la production de série était lancée et l’appareil officiellement baptisé Albatros. Alors que le premier des 10 appareils de présérie était livré le 28 mars 1972 à l’armée de l’air tchécoslovaque les essais se poursuivaient à un rythme élevé : au cours de l’été 1972 le X-07 effectuait ses essais officiels en Tchécoslovaquie, avant d’effectuer l’année suivante les épreuves de validation officielle permettant son emploi en Union soviétique. En 1977 apparurent de nouvelles versions du L-29 Albatros, et le modèle de base fut désigné rétroactivement L-29C. Le L-39 Albatross est un appareil d’entraînement qui peut être armé d’un pod canon ou de bombes de 500 kgs, il peut aussi être utilisé comme avion de reconnaissance. 11 versions différentes existent. Le L-39 Albatross est un véritable succès commercial, avec près de 2.800 exemplaires livrés à plus de 39 pays.

L’éditeur

Il s’agit d’un développeur canadien Michael « Lotus » Johnson. C’est un nouveau venu dans le monde du développement de Flight Simulator et un passionné de vol depuis plus de vingt ans. Il est diplômé de la Vancouver Film School. Il a travaillé dans le développement de jeux comme artiste 3D, pour Electronic Arts et Namco sur console . Il s’est spécialisé dans la création d’effets et de l’art technique. Avant d’entrer dans le monde du développement Flight Sim, il a également créé un certain nombre de films sur YouTube, tels que les « vecteurs », « Lament », « Vantage », et « Elyonim », sous le nom de Lotus Films / Ramasurinen. En tant que pilote privé, développeur et grand fan de tout ce qui vole , il a cherché à créer l’avion le plus immersif possible pour Flight Simulator X. Le L-39 Albatros, a nécessité un développement de 15 mois et il s’agit de son premier projet solo.

L’achat et l’installation

L’achat s’effectue sur le site de l’éditeur à cette adresse. Vous avez accès depuis l’onglet Purchase à une page de revendeur Simmarket ou FlightSim. Le prix est de 38€ soit en téléchargement direct, soit en version CD (28jours de délais environ). Le poids du fichier auto-exécutable est de 210MB en version 1.3. En extra et téléchargement libre, vous avez le manuel de l’avion en PDF, un lien vers Youtube pour visionner trois tutoriels intéressants et un kit de repaint pour ceux et celles qui veulent créer de nouvelles livrées.

Les livrées supplémentaires

Vous pourrez trouver quelques livrées supplémentaires en freeware pour l’addon notamment sur le site de flightsim.com, en voici quelques exemples en images.

Le manuel

Il s’agit d’un manuel en anglais de 125 pages. Dans une première partie, il nous est présenté les principales caractéristiques opérationnelles de l’avion passant par ses limitations, performances générales, des particularités développées pour le simulateur, des systèmes … Puis nous passons aux explications des icônes visibles dans les étiquettes des avions présents dans le menu de FSX. Vient ensuite une petite présentations des avions contenus dans le pack d’installation soit dix appareils et quelques variantes de ces derniers. Une liste des caractéristiques de simulation développée est dressée. Nous arrivons à la page historique de l’avion où est exposée brièvement (2pages) la vie de l’appareil. Nous entrons de suite dans le coeur de l’appareil dans la partie titrée Front Cockpit présente la place avant avec une description dans un premier temps globale puis détaillée de chaque instrument. Une méthode on ne peut plus classique. Les screenshots sont de bonne qualité graphique et la description est claire et la mise en page est correcte. Rien n’y manque vous avez tout ce qui est nécessaire pour assimiler tous les systèmes de l’avion. Une autre partie appelée Rear cockpit présente la place arrière avec une description plus sommaire car reprenant pour une grande partie les mêmes instruments que la place avant. Nous continuons le manuel par une section intitulé Shared Cockpit & Multiplayer présentant les réglages de différents paramètres FSX pour voler avec l’appareil en réseau. Vient ensuite la partie Performance et Handling, à découvrir notamment ses capacités de vol en formation et ses limitations de domaine de vol pour les acrobaties. Nous arrivons à la checklist. Je vous conseille de l’imprimer. Tout comme les procédures d’urgences (emergency procedure) qui s’en suivent. Il s’agit d’un manuel complet n’allant pas dans un détail d’approfondissement démesuré.

Le tour avion

La version ci-dessous est le L39C East German version Long Range – 2 pilotes -Aéroport de Troyes :

Commençons par un petit tour du propriétaire. Nous sommes à bord d’un avion monoréacteur 2 places en tandem. Celui que nous testons est en version long range c’est à dire avec deux réservoirs supplémentaires sous voilure. Il n’a pas d’armement. Sa livrée est camouflée en deux tons. Les deux pilotes en place sont finement modélisés et ont une cinématique de la tête et de la visière du casque. Par défaut, l’appareil est moteur tournant. Il n’y a pas de possibilité de le programmer en cold and dark, cependant l’opération est très rapide pour le configurer. Je déplore le manque d’animation externe d’échelle, de cales ou autres groupes de parc. Sinon, prenons le temps d’admirer la finesse des textures, la transparence de la verrière, la richesse et la qualité des marquages sur la cellule soulignant un remarquable travail.

Découverte du cockpit

Deux cockpits sont disponibles, l’un militaire avec un HUD et l’autre civil avec le GPS GNS430 en console centrale sans le HUD.

Entrons dans le cockpit tout d’abord place pilote (avant). La texture générale est de très bonne qualité. Au vue de la langue figurant dans le cockpit, il s’agit bel et bien d’un avion tchèque…… Petite remarque sur la verrière, sur l’arrière gauche du siège, le développeur n’a pas négligé la représentation du vérin hydraulique.

Vue d’ensemble du cockpit arrière, place instructeur
Passons à la vue du pilote situé à l’arrière, l’instrumentation est quasi identique. Ceci caractérise cet avion école, car il est possible à l’instructeur (situé en général à l’arrière) de prendre le contrôle complet de l’appareil et de simuler des pannes (ce point sera évoqué plus loin). Intéressons nous maintenant à l’instrumentation. Elle est analogique et constituée sur la console centrale d’un horizon artificiel, d’un anémomètre, d’un altimètre, d’une montre, d’un indicateur VOR, d’un HSI, d’une jauge carburant, d’un débimètre, d’une jauge pression, température, régime réacteur N1 et N2. Sur la partie supérieure, deux panneaux d’alarme systèmes. Dans la partie inférieure, nous retrouvons essentiellement la gestion de l’armement, mais aucun switch n’est activable. Le système de l’armement dans cet addon est totalement inopérant. Ceci est dommage, d’autres addons sont plus généreux en la matière. Nous trouvons également un manche central et deux consoles latérales. La console de droite possède des switchs assurant la gestion d’alimentation électrique, hydraulique, les lumières et quelques autres systèmes, mais également contient les systèmes radionav et le circuit hydraulique de secours. La console de gauche possède la manette des gaz, et l’ensemble des switchs et pushbutton relatifs à la gestion du réacteur, mais aussi de l’oxygène. Je précise que pour une visibilité accrue dans le cockpit virtuel, il est possible en cliquant en bas du manche central de le faire disparaître, idem pour la manette de gaz. Le déplacement de la caméra dans le cockpit virtuel ne souffre d’aucun ralentissement d’affichage, la fluidité est totale même avec une configuration matérielle moyenne. Les conditions d’éclairage et d’activation des systèmes n’influencent aucunement le framerate.

Le système radio navigation

Éclairage de la console de droite présentant en haut le GPS et en bas les autres moyens radionav
Éclairage de la console de droite présentant en haut le GPS et en bas les autres moyens radionav Nous avons à notre disposition 1 GPS GNS430, 2com, 2nav, 1 ADF, 1 transpondeur et un DME du NAV1 et NAV2. Pas de pilote automatique ni de centrale inertielle, pas de glass cockpit. En console centrale, il y a un HSI et un VOR. Le HSI, affiche le Cap actuel, un afficheur de Nav1 et l’ADF, il fait également ILS. Sinon l’autre afficheur VOR est classique sans plus de particularité. Pour sélectionner les fréquences, il faut simplement amener la souris sur les fréquences et tourner la molette sur chaque chiffre pour régler la fréquence choisie. Les sélecteurs de permutation fonctionnent, néanmoins aucun autre pushbutton n’est activable, c’est peut être un peu regrettable. Mais le mélangeur lui est fonctionnel. Après avoir essayé l’ensemble des moyens radio nav, ceux-ci sont fiables et très fonctionnels. C’est important pour un avion pouvant voler à 700km/h !!

Le HSI à gauche, le VOR à droite, du classique mais fiable
Quant au GPS GNS430, un petit travail de modélisation sur l’éclairage est sympa, sinon les fonctions basiques ne posent pas de problème particulier. Le bémol à mon avis, est la sélection des terrains à partir du menu direct to qui n’est pas pratique du tout. La fonction NRST (à proximité) avec une sélection directe to puis la fonction FPL affiche correctement la nouvelle route à suivre. Il est classique mais peut faire mieux surtout l’affichage en pop up qui reprend le GPS par défaut de FSX, bien que les fonctions soient identiques.

L’albatross en vol

Pour commencer, je vous suggère d’imprimer la checklist et de s’y référer pour respecter les procédures. Il est à noter qu’un certain nombre de switchs sont inopérants, ce qui, pour les hardcore simmers est un petit bémol, mais je vous rassure, ils ne sont pas essentiels pour profiter pleinement des capacités de vol de l’addon. La mise sous tension du HUD affiche seulement une mire. C’est du basique propre à cet avion. Remarquons au passage une fois de plus la qualité de la transparence de la verrière, en effet des petites imperfections sont visibles. Beau travail !!

Regarder en transparence de la verrière on aperçoit les petites imperfections
Par contre le repoussage par défaut n’a pas d’animation particulière, dommage. Le roulage s’effectue souplement, il faut noter que le changement de direction s’effectue par les freins différentiels, pour ceux qui n’ont pas de palonnier, ce serait plus pratique d’avoir pu sélectionner l’option de synchronisation avec la gouverne de direction. A la lecture du manuel, il serait possible de configurer le fichier aircraft.cfg pour résoudre ce désagrément. Bien trimer l’avion avant le décollage, la rotation s’effectue à 150 km/h, pas d’assiette à cabrer trop importante ni de mouvement brusque, c’est important, sinon l’avertisseur de décrochage se déclenche rapidement, à 220 km/h en montée on rentre le train et à 250 km/h on rentre les volets. Rien de bien sorcier, l’avion est souple et réagit agréablement.

Décollage à l’aube de l’aérodrome de Troyes
La meilleure vitesse en montée pour atteindre le niveau de vol souhaité est de 280 km/h correspondant à 4000ft/mn pour atteindre le FL100 (10000ft). Pour une vitesse de croisière optimisée, il faut sélectionner un niveau de vol compris entre FL160 et FL180, et pour une optimisation de la distance franchissable, prévoir un niveau de vol compris entre FL210 et FL240 vous pouvez ainsi parcourir entre 400 et 450NM au régime réacteur 103% N1. Pour l’approche et la finale, prenez les références figurant sur la checklist et conformez vous aux procédures, c’est clair et concis, parfait pour aller à l’essentiel rapidement. N’hésitez pas à effectuer quelques tours de piste, des prises de cap à altitude constante, des virages en montée, descentes à vitesse constante ou encore des huit, des descentes rapides, des virages lents, des virages serrés. Faites bien attention aux faibles vitesses, le décrochage arrive vite. Ne pas hésiter à bien le trimer pour stabiliser l’assiette. Sinon, c’est un plaisir à le piloter, il réagit très bien aux commandes. Une fois de plus, je suis très satisfait de la fluidité de l’addon, on peut être certain qu’il a été développé que pour FSX, c’est une des caractéristiques de ces produits (cf le test du B17G de l’éditeur A2A). Aucune saccade n’est décelable le comportement de l’appareil est souple et rapide. De plus, le modèle de vol est sans nul doute très fidèle à l’avion réel car ses développeurs sont propriétaires d’une de ces machines.

Pour l’entrainement à l’IFR Instrumental Flight Rules (vol aux instruments) une des versions proposée possède un dispositif particulier en place avant, à découvrir….. Mais aussi en place arrière pour tous les modèles, l’instructeur peut simuler des pannes que vous pouvez activer (pitot, pression static, compas, gyro, …..). En fenêtre popup la tablette de FSX contient également toutes les checklists ainsi que les limitations
opérationnelles de l’appareil.

Des petits plus qui font la différence

Un gros travail a été effectué sous FSX pour modéliser l’influence des conditions météo sur l’aéronef, notamment sur l’effet de pluie ruisselante sur la verrière, les conditions de givrage. Vous pouvez vous retrouver avec un anémomètre inactif car vous n’avez pas activé les PITOT HEAT, ou un givrage de la verrière, si l’ANTI-ICE n’a pas été sélectionné sur AUTO ou MANUEL.

Regarder le ruissellement de l’eau sur la verrière, ainsi que l’affichage des alarmes des conditions givrantes

L’éclairage, un must

Vue place avant & arrière des éclairages blancs et rouges des instruments
L’éclairage est très bien travaillé, c’est à mon goût un autre point fort de cet addon. La gestion de l’éclairage en 3D est indépendante pour les deux pilotes. Une couleur rouge d’environnement global est magnifique surtout pour la nuit mais aussi pour l’aube ou le crépuscule. Nous avons également deux éclairages différents des instruments en blanc ou rouge. Cerise sur le gâteau, l’éclairage cockpit est visible en vue extérieure. A voir surtout la nuit c’est bluffant !! Enfin, les feux anti-collision, les feux de navigation et les phares d’atterrissage sont finement modélisés. Rien n’y manque c’est un régal pour les yeux.

De nuit, feux d’atterrissage, feux de nav et anti-collision activés

Les sons

Les bruits du turboréacteur AI-25TL en extérieur et intérieur sont très satisfaisants. Les sons des commutateurs sont reproduits, mais aussi les séquençages de l’ouverture/fermeture de la verrière. On regrettera qu’il n’ait pas quelques sons annexes notamment des annonces pilotes sur certains évènements.

Les acrobaties en L39

Concernant les acrobatie avec l’appareil, c’est possible. Un switch d’activation de la fumée est activable et fonctionnel pouvant ainsi modéliser une trainée. C’est pratique pour les figures. Ses limites sont -4/+8 G. Il est préférable d’effectuer les figures de voltige à une altitude inférieure à 10.000ft QFE (altitude terrain) car plus vous montez, plus la vitesse de décrochage arrive vite. Pour le looping, il est préconisé de débuter la figure à 700km/h, et il est préférable d’utiliser un appareil sans réservoir supplémentaire ou de ne remplir qu’à moitié ces réservoirs. La masse est un facteur important pour la voltige.

 

Références

L-39 Albatros – 30 USD – FSX

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