Test du 757 Captain III

Captain Sim

0
480
757 Captain IIII

Présentation

Le Boeing 757 est un avion de ligne aussi inclassable que mythique. En effet, à mi-chemin entre moyen et gros porteur, et entre moyen et long courrier, c’est un avion singulier dont l’élégance de sa ligne ne laisse pas indifférent. Retraçons d’abord l’histoire de ce fascinant biréacteur.

Depuis les années 1960, Boeing domine le marché des avions de ligne à réaction grâce au triréacteur Boeing 727. Au début des années 1970, Boeing songe soit à une amélioration du 727 dans une nouvelle version 727-300, ou à un avion totalement nouveau dont le projet est connu sous le nom de code 7N7 qui deviendra le 757. En parallèle, Boeing développe un avion à fuselage large nommé 7X7, le futur 767.

Au fur et à mesure du développement, le 757 adoptera de nombreux éléments empruntés au 767 et s’éloignera du 727, permettant ainsi de réduire les coûts. Ainsi, la configuration biréacteur, des ailes supercritiques, une conception en partie assistée par ordinateur et un glass cockpit identique avec le 767 sont finalement choisis pour le 757.

Le premier vol a lieu en 1982, et Eastern Airways sera le premier à le mettre en service en 1983. Les ventes resteront cependant en deçà de celles du 727, ce qui n’empêchera pas au 757 de trouver sa clientèle et même de connaitre différentes déclinaisons comme la version cargo (757-200PF en 1985) ou la version rallongée (757-300 en 1996). Sa polyvalence permet de l’employer aussi bien sur des vols courts courriers que plus longs comme sur les lignes transcontinentales américaines.

L’intérêt pour le 757 va commencer à s’éroder et en 2005, le dernier exemplaire sortit des chaines d’assemblage de Renton pour le compte de Shangai Airlines. La faute à une préférence pour des avions plus petits et plus économiques comme le Boeing 737-800/900 ou l’Airbus A321. 1050 757 auront été produits.

La vie du 757 continue et il est encore principalement utilisé par les compagnies américaines qui lui ont même donné une seconde vie en vol transatlantique en l’équipant de winglets. Sa bonne autonomie l’autorise même à opérer sur des lignes habituellement réservées aux long-courriers.

Voici un aperçu des principales caractéristiques et performances du Boeing 757, ici en version 200 et équipé de moteurs Pratt & Whitney. Notons qu’une extension incluant les moteurs Rolls Royce vient de faire son apparition mais ne sera pas reprise dans ce test.

Boeing 757-200

Constructeur     The Boeing Company
Equipage             2
Mise en service               1982
Longueur            47.32 m
Envergure          38.00 m (41.10 m avec winglets)
Hauteur               13.56 m
Surface alaire    181.25 m2
MTOW 115.7 t
MLW     95.3 t
Nombre de passagers   200 (2 classes) / 239 (1 classe)
Motorisation     2 x Pratt & Whitney PW2037 ou PW2040
Vitesse de croisière       Mach 0.80
Autonomie max              3915 nm (7250 km)
Plafond                               42 000 ft

*https://en.wikipedia.org/wiki/Boeing_757

*https://www.boeing.com/resources/boeingdotcom/company/about_bca/startup/pdf/historical/757_passenger.pdf

Captain Sim n’est pas à son premier coup d’essai pour le Boeing 757. Il y a déjà plusieurs années, l’éditeur avait déjà développé une version pour FSX qui vole sur nos simulateurs depuis de nombreuses années. Cette fois ci, il revient à la charge avec une version inédite spécialement conçue pour Prepar3Dv4, c’est-à-dire en 64 bits. Notons cependant qu’il existe désormais une version 32 bits conçue pour Flight Simulator X et Prepar 3D v3.

Le 757 est disponible dans une version de base obligatoire où peuvent s’ajouter des extensions selon vos envies :

  • 757-2PW Base Pack
  • 757-2RR Expansion
  • 757 Freighter Expansion
  • 757 Freighter Essential
  • 757-300 Expansion

C’est ici la version de base, simulant le 757-200 passagers équipé des moteurs Pratt & Whitney que nous avons entre les mains et qui sera l’objet de notre test.

Achat et installation

Il faut passer commande sur le site de Captain Sim. Une fois le paiement effectué, vous obtenez sur votre compte un lien de téléchargement. L’installation est aisée et votre 757 est prêt à l’emploi.

Par défaut, vous avez la version aux couleurs de Captain Sim mais de nombreuses livrées sont facilement installables via le module ACE, nous y reviendrons plus tard.

Extérieur

Il est difficile de prendre Captain Sim en défaut sur ce terrain-là. Sans atteindre la perfection, le résultat est plus que satisfaisant. Le Boeing 757 est un avion au design naturellement élégant et cette impression est très bien restituée lorsque l’on regarde l’extérieur de cet avion. Cependant, et s’approchant, certaines textures manquent parfois de netteté et de profondeur dans le détail (des rivets ou des vis un  peu flous par exemple mais rien de grave), mais dans l’ensemble le rendu global est très bon.

De plus, notre 757 regorge de différentes animations au sol, pouvant être contrôlées par une petite fenêtre qui permet entre autres :

  • l’ouverture des portes
  • mise des calles des roues
  • installation des pitot cover
  • deploiement des tobbogans
  • l’ouveture de la porte du radôme
  • l’ouverture de la porte de l’APU
  • la mise en place des engine covers

En revanche, s’il est possible d’engager le GPU et le groupe d’air conditionné, ceux-ci n’apparaissent pas. Quoiqu’il en soit, ceci rendra les escales un peu plus vivantes.

Tout cela manque un peu d’effet dynamique également. Pas de wingflex, de fumée d’échappement ou encore d’apparition du givrage, mais on s’en contentera.

Intérieur 3D

Spécialiste renommé des ambiances intérieures, Captain Sim ne trahit pas sa réputation. Les textures sont agréables à l’œil et un soin particulier a été apporté à la précision et la lisibilité des gauges et instruments. Des impressions d’usure ont été ajoutées, car il est vrai que les 757 ont désormais bien des heures de vols derrière eux.

Nous tenons également à remettre un grand bravo à l’éclairage du tableau de bord qui confère une ambiance nocturne des plus saisissantes. La luminosité de chaque partie du tableau de bord est réglable à souhait comme sur le vrai avion.

L’autre attraction est la modélisation de la cabine virtuelle. Il est vrai que nombre d’éditeurs l’abandonne aujourd’hui mais ce n’est pas le cas de Captain Sim qui fait de la résistance. Le résultat est remarquable et cela apporte une touche supplémentaire à l’immersion générale.

Captain Sim nous immerge à merveille dans l’ambiance du Boeing 757 et de cette ambiance « eighties » si particulière.

Modèle de vol / Performances

Le 757 a la réputation notamment par sa grande puissance d’être un avion agréable à piloter. Captain Sim nous reproduit très bien cette impression et on prendra beaucoup de plaisir en pilotage manuel. Le taux de montée initiale est impressionnant et on sent la puissance des énormes Pratt&Whitney (nous n’avons pas eu la version Rolls Royce entre les mains pour ce test). Aussi bien au sol qu’en vol, on sent l’inertie aux commandes causée par la masse importante du 757 (jusqu’à 115 tonnes au décollage).

Le comportement sur un moteur nous semble aussi satisfaisant, et dans l’ensemble nous avons des performances paraissant cohérentes.

Les dernières mises à jour apportent de plus quelques corrections comme un spool up des moteurs au démarrage plus réalistes.

Systèmes

Captain Sim a souvent été décrié pour son manque de précision dans les réalisations des systèmes. Vous allez le voir, de gros progrès ont été apportés dans ce nouvel opus du 757.

  • Instruments de vol / Glass Cockpit :

Le Boeing 757, conjointement avec son grand frère le 767 fait partie de la première génération des Glass Cockpit, ce qui veut dire que nombre d’aiguilles ont laissé place à des écrans cathodiques.  Cette cohabitation entre cadrans classiques et écrans d’ordinateur est la marque de fabrique des cockpits des années 1980, et permet de profiter des avancées techniques offertes par l’électronique sans trop bousculer l’ergonomie et l’agencement des instruments.

Tout est ici fidèlement reproduit et fonctionnel. Notons que l’horizon artificiel électronique (EADI) peut être affiché seul ou dans une version plus évoluée incluant la vitesse (speed tape). Les paramètres des moteurs et des systèmes sont quant à deux affichés sur deux écrans au centre du tableau de bord (EICAS 1&2) très bien réalisés.

  • Navigation / FMS :

Le Boeing 757 dispose d’un système de navigation moderne matérialisant la situation sur une carte électronique (EHSI) se trouvant devant le pilote. La route entrée dans le FMS s’affiche, ainsi le pilote dispose d’une vision globale de sa position sans avoir à recourir à des balises au sol (VOR ou ADF par exemple). Bienvenue à l’air du RNAV, qui est désormais la norme de la navigation de tous les avions commerciaux. Pour l’alimenter, ce système recourt à 3 centrales à inertie (IRS), supplées par deux GPS. Cela donne une précision diabolique permettant même de guider l’avion jusqu’à l’atterrissage et d’effectuer les fameuses approches RNAV.

Si lors de sa sortie, notre 757 Captain III souffrait de quelques incohérences, notamment au niveau du suivi des calculs de navigation verticale (VNAV), ce n’est plus le cas et le FMS permet un suivi des procédures SIDs/ STARs et des approches convaincant. La navigation est fluide et précise.

Le FMS est agréable à utiliser et l’ensemble des calculs est aussi cohérent. On regretta juste quelques fonctions manquantes comme l’absence de connexion pour obtenir les vents ou la météo en ligne, ou encore la gestion des performances sur un moteur (ENG OUT).

Comme cela devient de plus en plus la norme, nous jouissons de la présence d’un EGPWS permettant d’afficher le relief sur l’EHSI pour réduire le risque de collision avec le sol.

  • Pilote automatique

Le modèle du pilote automatique du 757 préfigure ce qu’allait être celui-ci sur l’ensemble de la gamme Boeing jusqu’à aujourd’hui. C’est là où est né le mythe du LNAV/VNAV, c’est-à-dire la gestion intégrale de la navigation et des performances par le pilote automatique et l’auto-manette (Auto Thrust). Même le pilote automatique du dernier né de Boeing, le Dreamliner fonctionne toujours selon ce principe.

Le Captain III nous offre un pilote automatique entièrement opérationnel et réaliste qui n’appelle à aucune critique particulière. Ajoutons que le système d’atterrissage est aussi très efficace, aussi bien dans son exécution que dans son utilisation.

  • Electrique, Hydraulique, Air Conditionné / Pressurisation, Carburant :

Là aussi les progrès sont visibles. Les différents boutons et commandes sont fonctionnels, mais leurs effets et le fonctionnement des systèmes sont cohérents.

Prenons pour exemple le système hydraulique : nous ne verrons plus les commandes de vol bouger si ceux ci sont éteints. La pression des circuits peut être vérifiée depuis l’EICAS 2, tout comme la position des commandes de vol.

  • Gestion incendie / pannes :

Il n’a pas de modules de gestion de panne spécifique, mais les commandes incendies ou de secours sont simulées et opérationnelles. Pour cela, il faudra utiliser le module de panne par défaut de P3D. Ce n’est évidemment pas ce qui se fait de mieux pour s’entrainer aux différents scénarios de panne sur un Boeing 757, mais cela donnera au moins un aperçu. N’oublions pas que le Captain III ne prétend pas être un add-on « studying level ».

 

Sons

Une ambiance réaliste passe aussi par des sons de qualité et eux aussi réalistes. Captain Sim l’a bien compris et ce 757 est très abouti dans ce domaine. Le ronronnement des Pratt & Whitney est très agréable et saisissant.

A l’intérieur, le copilote se contente du minimum en vous annonçant les vitesses de décollages (V1, VR, V2). Il est possible d’activer les annonces de l’hôtesse en fonction de la phase de vol depuis des commandes se situant sur l’overhead.

Documentation

Un bon point pour le Captain III qui offre une documentation bien fournie, comprenant notamment une description détaillée des systèmes ainsi que de nombreuses tables de performance issues du manuel original de Boeing. En faire le tour pour exploiter au mieux le Boeing 757 vous demandera de nombreuses et studieuses heures de lectures.

Extra / Réglages

Le principal extra du Captain III est le fameux ACE (Aircraft Configuration Editor). Il permet d’installer et gérer les livrées disponibles, et elles sont nombreuses. Vous pourrez très certainement trouver les couleurs de votre compagnie préférée dans la longue liste.

Les réglages et paramétrages des options du 757 se font par un menu du FMS, directement depuis le cockpit. C’est pratique et cela ne nécessite pas d’accéder à un interface externe et de redémarrer P3D pour que les changements soient pris en compte.

Notons également la création d’une icône « SIM OPS » qui est en fait un lien nous envoyant sur le site du Captain III afin d’obtenir les dernières mises à jour ou encore télécharger les manuels.

FPS (frame per second) et configuration

Le Captain III ne se contente pas d’être magnifique, il est aussi relativement clément avec votre config. Après ne nous le cachons pas, les machines les plus modestes auront du mal à suivre, mais c’est plutôt satisfaisant au vu de l’excellence visuelle de cet add-on.

Machine test:

  • Windows 10 Professionnel
  • Intel i7-7700K 4.2 Ghz
  • SSD M2 256 Go
  • RAM DDR4 16 Go
  • RAM 16 Go
  • KFA GeForce GTX 1070

Références

  • 757 Captain III v1.303
  • P3Dv4
  • 99.99 EUR – Téléchargement

Plus d’informations

LAISSER UN COMMENTAIRE

Ecrivez votre commentaire !
Entrez votre nom